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Venezuela : l'attaque américaine semble imminente

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{Play}Donald Trump a menacé l’armée vénézuélienne d'intervenir militairement au Venezuela, où les tensions continuent. L'armée reste fidèle à Nicolas Maduro, le président en fonction. La menace américaine pourrait vite se réaliser.

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Le président des Etats-Unis, lors d'un discours dans une université de Miami, a ouvertement menacé le Venezuela socialiste de Nicolas Maduro, avec lequel il veut en finir, comme avec toutes les autres nations socialistes. D'ailleurs, Cuba, le Nicaragua et la Bolivie viennent de rejoindre la ligne voulue par Donald Trump.

Le Président américain appelle à assassiner ceux qui se tiennent derrière le président en fonction au Venezuela. L'Union européenne, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, et certains pays d'Amérique du Sud comme l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou ont rejoint la position américaine, sans aller aussi loin que Trump dans les propos.

L'armée bolivarienne est prête à faire face à toute agression des américains

Le Mexique, sous la présidence de son nouveau président André Manuel Lopez Obrador, s’abstient de toute décision contre le Venezuela. Au contraire, le Mexique fait partie du "Mécanisme de Montevideo" - du nom de la capitale de l'Uruguay - qui comprend le Mexique, l'Uruguay, la Bolivie et les pays membres de la CARICOM, une organisation supranationale qui regroupe plusieurs États des Caraïbes, le Suriname et Haïti. Cette organisation cherche à résoudre le conflit par le dialogue avec l'opposition, ce à quoi le gouvernement Maduro est prêt depuis le début du conflit.

Le groupe de Lima a été créé, comme le sont toujours les clubs non officiels, par Washington avec l'objectif de changer le régime du Venezuela. Pour l'instant, Donald Trump n'a pas pu obtenir la majorité légitime des membres de l'Organisation des États américains (OEA) contre le Venezuela.

L'armée bolivarienne est prête à faire face à toute agression des américains. Le commandement militaire du sud des États-Unis, Southcom, basé en Floride, prépare un renforcement militaire impressionnant. Le porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln, avec 3 200 militaires, 90 avions de combat et hélicoptères est positionné au large de la côte de la Floride, accompagné du porte-missiles de croisière USS Leyte Gulf et des destroyers USS Bainbridge, US Gonzalez, US Mason et USS Nite. Le navire de marine espagnol Mendez Nuñez se joint à la flotte.

La participation espagnole à ce jeu d'agression criminelle est scandaleuse. Le dirigeant socialiste espagnol, Pedro Sanchez, a demandé à Nicolas Maduro de démissionner et de convoquer des élections. La Russie et la Chine, partenaires solides, restent solidaires du pouvoir en place. La Russie a toutefois conseillé de ne pas "jouer" avec le Venezuela. La Russie dispose de deux bombardiers à capacité nucléaire déployés sur l'île de la Orchila, dans les Caraïbes vénézuéliennes, où Moscou établira, avec l'accord du Venezuela, une base militaire permanente.

La Russie et la Chine investissent des dizaines de milliards de dollars dans l'industrie des hydrocarbures au Venezuela. Outre les intérêts commerciaux, la Russie et la Chine se disputent un monde multipolaire et veulent garantir l’indépendance de l’Amérique latine, la souveraineté des peuples des Amériques.

Cela pourrait rester figé encore quelques semaines avant qu'une menace devienne une offensive réelle

Le 26 janvier 2019, les Etats-Unis ont traîné l'affaire vénézuélienne devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans le but de faire condamner le Venezuela et d'ouvrir la voie à une invasion militaire. Cependant, alors que 9 des 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) ont voté en faveur d'une réunion extraordinaire sur le Venezuela (Belgique, États-Unis, France, Allemagne, Koweït, Pérou, Royaume-Uni, Pologne et Pologne), 4 ont voté contre (Chine, Guinée équatoriale, Fédération de Russie) et 2 se sont abstenus (Côte d'Ivoire, Indonésie). Le représentant de la Fédération de Russie a fait remarquer que le Conseil n'avait aucun rôle à jouer dans une affaire intérieure ne présentant aucune menace pour la paix et la sécurité internationales.

Cet événement de la CSNU a suscité un mouvement de solidarité de plus de 50 États, dont la Chine, la Russie, la Syrie, la Syrie, l’Iran, la Palestine, le Nicaragua et bien d’autres, soutenant la déclaration du ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza devant le Conseil de sécurité, à propos de l'illégalité des sanctions économiques coercitives unilatérales et des invasions territoriales des États-Unis :

"[Cette alliance] constitue une force formidable que le capitalisme occidental opposera à ses risques et périls. Il s’agit d’une opposition bien attendue à la domination occidentale des Nations Unies par l’Occident, une domination basée sur la monnaie, sur les paiements importants permettant aux Etats-Unis et aux autres puissances capitalistes de corrompre, menacer et contrôler autrement la direction de l’ONU, ainsi que de fausser et de détruire l’indépendance, l'impartialité et l'intégrité requises par l'ONU pour maintenir sa légitimité et mettre en œuvre la paix et la justice mondiales durables pour lesquelles Franklin Delano Roosevelt l'a créée."

Ce nouvel alignement de plus de 50 Etats regroupe plus de la moitié de la population mondiale, des personnes qui ont été exploitées, massacrées et leurs pays violés et ravagés pendant des centaines d’années par les puissances capitalistes et colonialistes occidentales. Cette alliance promet de devenir un nouveau visage solide dans l’Organisation des Nations Unies, qui serait par ailleurs dominée par l’ouest.

En ce qui concerne le sort du Venezuela, Donald Trump a donné de vagues indications selon lesquelles le 23 février serait la date limite pour une attaque contre le Venezuela. Pour l'instant rien ne se passe. Cela pourrait rester figé encore quelques semaines avant qu'une menace devienne une offensive réelle. Les forces armées du Venezuela semblent disposées à affronter le porte-avions nucléaire, les lanceurs de missiles, d'innombrables avions de combat et jusqu'à 5 000 soldats américains et mercenaires nouvellement stationnés en Colombie et prêts à franchir la frontière vénézuélienne.

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