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L'industrie de l'armement se porte bien

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{Play}Les entreprises américaines dominent le marché mondial des armes, en grande partie, grâce à l’augmentation du budget de la défense de l’administration Trump. Pour autant les entreprises chinoises et russes progressent.  

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Les USA resteront, encore longtemps, la nation la plus militarisée

De même les sociétés de dictatures et d'autocraties telles que la Chine, la Russie et la Turquie gagnent rapidement du terrain, selon un rapport que vient de publier l'Institut international d'études pour la paix à Stockholm (SIPRI). Tout montre, avec une grande fiabilité, la répartition du pouvoir sur la scène internationale et la prétention, de certains acteurs, d'accroître leur puissance dans le cadre de leurs sphères d'influence géopolitique. Qui veut s'assurer le pouvoir, doit dépenser en conséquence pour augmenter son armement. Ce n’est pas en vain que la plupart des entreprises d’armement ont pour principal client leur gouvernement et affichent des bilans aux résultats économiques excellents.

Les entreprises états-uniennes dominent largement le marché mondial en s'octroyant  42 des 100 plus grandes entreprises du secteur et forment ainsi la plus puissante et première économie mondiale de l'armement militaire, avec à sa tête Lockheed Martin et Boeing. Les entreprises américaines ont vendu en 2017 pour un montant total d'environ 226 milliards de dollars (plus de 200 milliards d'euros), soit 57% du chiffre d'affaires total du Top 100. Ce montant représente également une augmentation de 2% par rapport aux ventes de l'année précédente. Le rapport du SIPRI estime que les USA resteront, encore longtemps, la nation la plus militarisée en armement :

"Compte tenu du volume des ventes d'armes américaines et du nombre de sociétés figurant dans le classement de 2017, les États-Unis resteront le plus grand fabricant d'armes dans les années à venir."

La modernisation de l'industrie armurière, de guerre ou de maintien de la paix, incombe à cinq entreprises, dont quatre dirigées par des femmes. L'industrie de l'aéronautique et de la défense ayant une longueur d'avance en matière d'égalité des sexes. Lockheed Martin, numéro 1 de cette liste avec un chiffre d'affaires de 45 millions de dollars (environ 39,5 millions d'euros), a bénéficié de livraisons d'avions de combat de dernière génération, le F-35, des missiles, des systèmes anti-missiles et de divers systèmes de combat. Aude Fleurant, directrice du programme de dépenses militaires du SIPRI précise :

"Les entreprises américaines bénéficient directement de la demande actuelle en armes du département de la Défense américain".

Le deuxième pays en chiffre d’affaires est la Russie qui occupe ce poste depuis 2002, les dix sociétés russes classées dans la classification SIPRI ont représenté 9,5% des ventes du Top 100. Elles ont atteint 37,7 milliards de dollars (un peu plus de 33 milliards d'euros), après un bond de 8,5% par rapport à l’année précédente. De manière significative, le fabricant russe Almaz-Antey a été placé pour la première fois parmi les dix plus grandes entreprises de ce classement, augmentant ainsi son chiffre d'affaires de 17%. Siemon Wezeman, chercheur au programme de dépenses militaires du SIPRI, a confirmé la bonne santé russe dans le domaine de l'armement :

"Les entreprises russes ont enregistré une croissance significative de leurs ventes d'armes depuis 2011. Cela correspond à l'augmentation des dépenses d'armes de la Russie pour moderniser ses forces armées."

SIPRI n'inclut pas les entreprises chinoises dans sa liste. C'est par manque d'informations fiables et cohérentes. Cependant, selon l'étude, il existe des informations disponibles sur plusieurs grandes entreprises de l'industrie chinoise de l'armement, principalement entre les mains de l'État américain. L'institut estime que trois sociétés du géant asiatique pourraient entrer dans le top dix. Il s'agit d'AVIC, qui a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 20 milliards de dollars, NORINCO (17,2 milliards de dollars) et CTEC (12,2 milliards de dollars). Sept autres entreprises chinoises devraient figurer dans leur classement, au moins numériquement, à égalité avec la Russie.

La Turquie, autre pays en dérive autoritaire sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, reçoit une mention distincte dans l'étude. Malgré sa contribution modeste au classement avec seulement deux entreprises, SIPRI souligne l’augmentation de 24% de son chiffre d’affaires en glissement annuel. Pieter Wezeman, chercheur au programme défenses en armements et équipements militaires du SIPRI a précisé :

"Cette augmentation significative reflète les ambitions de la Turquie de développer son industrie de l'armement afin de répondre à son besoin croissant en armes et ainsi devenir moins dépendante des fournisseurs étrangers."

L'Europe, pour sa part, conserve une forte position avec 24 entreprises communautaires figurant dans le classement. Le vieux continent affiche un bon niveau de ventes combiné pour 95 milliards de dollars (83 milliards d'euros), soit près de 24% du total des ventes du Top 100 et 3,8% de plus que l'année précédente. Les sociétés britanniques représentent 9% du total des ventes, suivies ensuite par les entreprises françaises (5,3%), trans-européennes (3,7%), italiennes (2,6%) et allemandes ( 2,1%).

Les 100 plus grandes entreprises du secteur de l'armement ont facturé pour 398,2 milliards de dollars

Le groupe d'entreprises européennes est dirigé par le britannique BAE Systems, quatrième dans la liste avec 23 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros). Le Royaume-Uni est le plus grand fabricant européen ce qui soulève certains doutes quant aux possibilités que l’UE-27, après le Bréxit, peut offrir, dans un proche avenir, pour se permettre une autonomie en matière de défense et de sécurité, et ce malgré la relance récente du débat sur l'armée européenne.  

Une seule société espagnole apparaît mentionnée. Il s’agit des chantiers navals de Navantia, qui occupent la 87e position. En 2017, ils ont facturé 910 millions de dollars (800 millions d'euros), soit 23% de plus que l'année précédente, selon les données du SIPRI. 93% des ventes de cette société étaient du matériel militaire.

Une concentration croissante des acteurs de ce secteur industriel caractérise la particularité du moment. Les dix plus grandes entreprises du Top 100 ont facturé pour 198,2 milliards de dollars (environ 174 milliards d'euros), soit environ 50% du chiffre d'affaires de toutes les sociétés du classement. Cela représente une augmentation de 10% par rapport à ce que les dix premiers ont vendu en 2016.

Le SIPRI souligne aussi que les 100 plus grandes entreprises de l'armement ont facturé pour 398,2 milliards de dollars (plus de 349,7 milliards d'euros), soit 2,5% de plus que l'année précédente. Le volume total représente 16% de ce que les quinze principaux fabricants du Fortune Global 500 ont vendu. Le secteur des armes est souvent perçu comme très important, mais il est nécessaire de relativiser son ampleur.

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