Crise des tankers : comme souvent, Oman va jouer le rôle de médiateur

Il y a une semaine, Londres dénonçait "la saisie inacceptable" de deux navires par l’Iran, dans le détroit d'Ormuz. Le Sultanat d'Oman, qui a déjà joué le rôle de médiateur plusieurs fois avec succès entre Téhéran et l'Occident, va tenter de calmer les tensions.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, l'armée idéologique de la République islamique, ont confisqué un pétrolier britannique, et un second navire battant pavillon libérien, pour "non-respect du code maritime international". Amenés jusqu'à la côte et remis aux autorités, les navires sont visés par une procédure légale en Iran.

Cette saisie a fait monter d’un cran la tension entre la Grande-Bretagne et l'Iran, quelques jours après que la Cour suprême de Gibraltar ait décidé de prolonger l'immobilisation d’un pétrolier iranien pour 30 jours, arraisonné le 4 juillet par les autorités britanniques après des soupçons relatifs à la livraison de pétrole brut iranien à destination de la Syrie, cela en violation des sanctions de l'Union européennes contre Damas. L'ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que Téhéran ne laisserait "pas cette malveillance sans réponse".

L'Allemagne, la France, l'Union européenne et l'Otan, qui participent également au contrôle du détroit d'Ormuz, ont sommé l’Iran de relâcher le navire britannique, alors que le contexte était déjà particulièrement tendu par le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis, les deux camps n’hésitant plus à abattre les drones survolant de trop près leurs navires ou leurs espaces aériens.

Oman est connu pour être un pays à la diplomatie ouverte

Pour apaiser les tensions, le ministre des Affaires étrangères d'Oman a été appelé à la rescousse. Yusuf bin Alawi doit s’entretenir avec son homologue iranien ce samedi à Téhéran. Dans une région où les tensions ne cessent jamais, Oman est connu pour être un pays à la diplomatie ouverte, un partenaire privilégié dont le rôle de médiateur n’est plus à démontrer. Ce sultanat de la péninsule d'Arabie, voisin de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Yémen, a trouvé comment se placer au centre de l’échiquier diplomatique, en ne prenant jamais parti pour aucun pays en conflit. Une politique d’équilibriste que le sultan Qabous ben Saïd incarne depuis son arrivée en 1970. Il arrive cette prouesse en s’appuyant sur l’ibadisme, un courant de l’Islam encore majoritaire à Oman qui ne s’intéresse pas aux conflits entre chiites et sunnites. Une force dans cette région du monde où les luttes confessionnelles font des ravages, comme au Yémen.

Par sa médiation, Oman a permis la libération de nombreux prisonniers et otages, notamment celle de randonneurs américains (détenus en Iran) en 2011 ou encore celle du navigateur français Alain Goma (enlevé au Yémen) en 2018.

Aujourd'hui âgé et malade, le sultan sera-t-il remplacé par quelqu'un d’aussi diplomate ? Rien n’est moins sûr dans cette région. En attendant la succession, Oman va une nouvelle fois user de son pragmatisme basé sur le dialogue pour que le conflit entre l’Iran et la Grande-Bretagne ne débouche pas sur d'énièmes sanctions ou, pire, une guerre.

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