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Violences policières : vers un régime autoritaire impulsé par Macron ?

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{Play}L'Etat est toujours le "détenteur du monopole de la violence physique légitime", selon la célèbre formule développée par Max Weber. Il semble que le régime tend à emprunter un tournant autoritaire, dangereux, à l'image du commandant de police Didier Andrieux, soupçonné de violences policières, ou des CRS toujours plus violents.

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Alexandre Benalla a démontré que la violence physique avait toujours sa place dans les hautes sphères du pouvoir. Didier Andrieux symbolise le fait que la violence peut aussi être un moyen pour la police de se défouler, ni plus ni moins, sur des manifestants ne présentant aucun danger, ni pour eux, ni pour personne.

La nature autoritaire, totalitaire et violente du régime Macron jouit d'un nouveau visage, qui s'est rapidement diffusé sur les réseaux sociaux : celui de Didier Andrieux, commandant de Police divisionnaire à la tête de 400 policiers de Toulon, dans le Var.

L’affaire Andrieux

La vidéo montrant le commandant de police assené de multiples coups de poings à la tête d’un homme s’est rapidement répandu sur les réseaux sociaux à la suite de l’acte VIII des Gilets jaunes. Les internautes, choqués, ont relayé l’information que les médias traditionnels n’ont pas beaucoup repris. Une censure comme une autre.

Un tabassage en règle, dont les images peuvent en attester la violence. La police semble être dorénavant autorisé à mater le mouvement contestataire des Gilets jaunes à grand coup de matraques, de flashballs, de canons à eau et de gaz lacrymogène.

Pour sa défense, Didier Andrieux prétend que l’homme fracassé tenait un tesson de bouteille. Problème : les images filmées montrent que la victime, n’opposant aucune résistance, ne tenait ni tesson de bouteille, ni quoique ce soit d’autre. Les policiers ne cherchent d’ailleurs pas à le "désarmer".

La violence présentée dans la vidéo est telle que les collègues du commandant sont obligés d’intervenir pour faire cesser le tabassage. Il s’avère que Didier Andrieux aurait du faire de la boxe - avec Christophe Dettinger, pourquoi pas - car il s’en est également pris à d’autres manifestants, visiblement pacifiques. Une ambulancière affirme avoir reçu "un coup de tête" de Didier Andrieux.

Le procureur de la république de Toulon Bernard Marchal a refusé d’ouvrir une enquête pour ses violences policières. Dans une vidéo, on voit pourtant Didier Andrieux se vanter d’être commandant, se moquant de ceux qui menacent de porter plainte : "Déposez plainte… je suis Commandant". Des propos dignes d’un régime autoritaire, où la loi ne s’applique pas pour les policiers.

Depuis les faits, des médias ont remué le passé de Didier Andrieux, ancien chef du GIPN de Marseille, qui avait apparemment déjà "des troubles du comportement" qui ont entraîné la mutation des membres de son groupe d’intervention.

Les nombreuses attaques des forces de l’ordre

Elles ne sont pas rares les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux présentant des scènes où des CRS violentent des personnes, jeunes ou âgées, parfois à terre et sans défense, devant les yeux médusés des témoins qui ne peuvent rien faire pour empêcher l'acharnement injustifié.

Lors de l'acte 9 des Gilets jaunes à Bordeaux, des membres des forces de l’ordre ont été filmés en train de violenter à coups de matraque un homme âgé à un arrêt de tramway, jugeant qu'il n'avançait pas assez vite, sous les yeux de sa fille les suppliant d’arrêter.

À Paris, c’est avec un canon à eau que la police a assommé un gilet jaune. Tombé à terre, l’homme inconscient a été secouru par des manifestants qui, une fois au niveau de la victime, ont reçu de nouveau de l’eau. La police voulait empêcher l'intervention … au point d’envoyer également des grenades explosives, ce qui aurait pu blesser grièvement le gilet jaune à terre et les secouristes.

À la Rochelle, c’est un photojournaliste de 46 ans travaillant pour le journal Sud Ouest qui a été touché par un tir de flash-ball. Il est reparti de la manifestation avec une rotule fracturée et un arrêt de travail de 45 jours. Il ne portait pas de brassard "presse" afin d’éviter d’être la cible de gilets jaunes mais estime qu’il était clairement identifiable : "Ils m'ont visé" assure-t-il.

À Bordeaux, Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants, sapeur-pompier volontaire, a reçu ce qui serait une balles de défense (LBD) ou une grenade de désencerclement. Un vidéo le montre à terre, sur le ventre, visage face au sol. Il saignait alors au niveau de la tête. Encore conscient à son arrivée au CHU de Bordeaux, où il a été opéré en urgence pour une hémorragie cérébrale, il a finalement été placé dans un coma artificiel.

Vers un régime autoritaire ?

Aux vues de ces vidéos choquantes et de ces affaires de violence policière qui s’accumulent, certains Français commencent à se demander si le régime macronien ne tendrait pas à se fasciser, du moins à devenir plus autoritaire, quitte à soumettre le peuple à grand coup de matraque.

En effet, les violences policières semblent couvertes par le pouvoir, parfois même autorisées. Les CRS - masqués, casqués, armés - sont protégés alors que les Gilets jaunes - reconnaissables, pacifiques - sont diabolisés par les médias. Les forces de l’ordre jouissent des mêmes privilèges qu’Alexandre Benalla. Pourtant, comme lui, certains membres de la police déshonorent la France.

L’affaire Andrieux n’est qu’un symbole de l’oppression que subissent les manifestants, mais elle a le mérite de montrer un policier, visage découvert, auteur de violences inacceptables. Elle représente parfaitement ce à quoi risque de ressembler la France de Macron : une nation dévastée par un régime violent. Mais au final, n’est-ce pas logique que le Président de la République utilise la violence pour se maintenir au pouvoir et imposer sa politique, alors que son élection est le résultat d’un vote "par défaut" et que son action est rejetée par une majorité de Français en colère ?

Aujourd'hui, grâce aux smartphones et aux réseaux sociaux, chaque acte répréhensible de la police se retrouve sur Internet. Il y aura donc de plus en plus d’affaires et de scandales, et de plus en plus de Français qui rejettent avec force le régime de Macron.

Si la voie choisie par Emmanuel Macron est celle de la répression policière pour écraser la révolte légitime du peuple, alors le régime va devenir liberticide. Les manifestations vont finir par être interdites. Les Français seront incités à rester chez eux. Toute contestation sociale sera étouffée.

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