ARTICLE PREMIUM

Le Pape François semble prendre l’Église catholique pour une ONG

PREMIUM

{Play}Dans un article, récemment paru dans Le Figaro, Ivan Rioufol, journaliste et éditorialiste, s'étonne de la prise de position actuelle du Saint Père, au sujet de l’immigration européenne, et la décrit comme étant foncièrement politique.

{Play}

Le 16 avril 2016, sur l’île grecque de Lesbos, François a invité les Européens à l’accueil sans limite des étrangers en déclarent : "L’Europe est la patrie des droits humains, et quiconque pose le pied en terre européenne devrait pouvoir en faire l’expérience".

Hélios d’Alexandrie, en août 2017, écrivait au Pape François une lettre dans laquelle il exprime ses craintes et lui destine d'acerbes critiques :

"L’Évangile n’est pas un manuel de politique et encore moins un manifeste marxiste, il ne justifie aucunement votre parti-pris idéologique. Vous vous entêtez à ne pas prendre en considération la haine et l’hostilité de l’islam envers l’Occident et le christianisme. Vous vous montrez imperméable aux dures leçons de l’Histoire et des événements récents".

"Certes vous citez force versets de l’Évangile en appui à votre politique, comme si Jésus s’adressaient aux gouvernements européens et non aux croyants dans l’intimité de leur cœur. "J’étais étranger et vous m’avez accueilli" (Évangile selon Saint-Mathieu 25 35).  En utilisant cette parole de Jésus-Christ pour justifier et promouvoir l’ouverture des frontières à l’immigration de masse, vous commettez une fraude intellectuelle et induisez délibérément les chrétiens en erreur...En utilisant le pouvoir moral que vous procure votre position, vous faites fi de la liberté de choisir des chrétiens et leur imposez, non seulement un fardeau écrasant, mais mettez également leurs vies en danger. En cela vous ressemblez aux scribes et aux pharisiens que Jésus a dénoncés quand il a dit: "Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt" (Évangile selon Saint-Mathieu 23 4)".

Il est évident que par ses prises de position répétées, l’Église déborde largement d’une démarche caritative et humanitaire pour s’inscrire dans le discours dominant de l’idéologie des droits-de-l’homme. Le migrant est considéré comme un individu abstrait, sans prendre en compte ses origines, sa religion ou sa différence de culture, et n’est vu que du point de vue personnel ou familial, sans considérer les conséquences d’une immigration massive pour le pays d’accueil. Ce sont les réflexions politiques sur ce drame et les mesures gouvernementales internationales qui retiennent l’essentiel de l'attention des peuples. 

Quel avenir sommes-nous en mesure d’offrir à ces populations sous couverture d'immigration ? Les migrants par centaines de milliers, et bientôt par millions, sont à notre porte. Un campement détruit, un autre grossit aussitôt un peu plus loin. On peut alors voir, atterré, sidéré, peiné et impuissant, des corps entassés, des matelas crasseux étalés, des bâches étendues et à peine ficelées. Puis la peur de les voir débarquer en nombre est là, et on se demande ce qu'il faudrait faire. Alors nous vient à l'esprit que notre pays, notre nation et sa longue histoire, la France, incapable d'intégration et encore moins d’assimilation, voit ses dirigeants successifs s’atteler à préparer un avenir, de plus en plus inquiétant, à ses propres ressortissants.  

Légitimes sont les peurs de ceux qui s’affolent de l’angélisme du Vatican et de l’entêtement de Macron à ne pas percevoir la crise migratoire. Le président préfère parler de "crise politique", au prétexte que les flux de clandestins ont effectivement, et provisoirement baissé depuis 2015. Mais soyons en sûr ils reprendront, d'autant plus, après les élections européennes. Si gouverner c’est prévoir, alors il faut agir maintenant, car la pression migratoire actuelle n’est rien en comparaison de ce qui s’annonce. 

Dans un rapport de l’ONU de 2016 il est rappelé les chiffres de leurs dernières études :

"60 millions de jeunes arabes se retrouveront, dès 2020, devant un marché du travail saturé. L'Afrique, qui compte 1,2 milliard d’habitants (Europe : 510 millions), sera forte de 2,5 milliards d’habitants en 2050,tandis que l’Europe en aura perdu 60 millions".

Si l’Europe ne règle pas son problème d'immigration, elle va à sa perte qui sera précédée de terribles conflits internes. 

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.
  Pour pouvoir consulter les commentaires de cet article, veuillez vous connecter.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous, c'est simple et gratuit !
No Internet Connection