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Les actes antisémites sont les symptômes du cancer français

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{Play}Depuis 40 ans, les dirigeants français manifestent mais choisissent la compromission plutôt que la réaffirmation dans les actes, les principes, les valeurs et le droit. Ils prouvent sans cesse leur faiblesse morale et politique.

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Les boulevards solennels et les rues calmes du 17ème arrondissement de la capitale française indiquent que la vie de la communauté juive se déroule dans un endroit apaisant. De nombreuses synagogues peuvent recevoir leurs fidèles et le nombre de magasins proposant des produits casher semble avoir augmenté ces dernières années.

Mais pour les habitants de confession juive du nord de Paris la situation est très différente. Cette banlieue est devenue une zone quasi interdite pour eux. Dans ces zones à forte population musulmane, de nombreux juifs sont régulièrement victimes de harcèlement, d’insultes, de menaces de plus en plus inquiétantes. D'année en année, l'antisémitisme s’exprime et se ressent de manière plus forte pour aujourd'hui s’afficher sans crainte de représailles juridiques.

Les actes antisémites ont augmenté de 74%

Ces derniers mois, un débat s’est installé dans les médias français sur la manière de traiter ce que les commentateurs définissent comme un "nouvel antisémitisme" qui découlerait, selon les chercheurs, de l'augmentation de la population musulmane dans le pays, dans une logique qui serait de remplacement de la population.

Près de 40% des actes de violence motivés par la race ou la religion ont été commis contre des Juifs en 2017, alors que cette minorité ne représente que 1% de la population française. En 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74% par rapport à 2017, un chiffre jugé préoccupant par le ministre de l'Intérieur français.

Pour le gouvernement de Emmanuel Macron, la situation est profondément compliquée car elle touche les nerfs politiques, religieux et ethniques les plus sensibles du pays. La France compte la plus grande population juive et musulmane d'Europe. Les dirigeants du pays craignent même un conflit entre les deux minorités. L'une des valeurs de la nation française repose sur le principe que tous les français sont considérés en tant que citoyens français, égaux devant la loi, en ne prenant en compte aucune autre caractéristique, ni religieuse, ni éthique, ni d’origine, etc. Dans un tweet, Emmanuel Macron s'indigne en paroles :

"L'antisémitisme est la négation de ce qu'est la France. En route pour le cimetière profané de Quatzenheim et ce soir au Mémorial de Shoah pour rappeler les faits, la morsure dans notre histoire de ces faits, et pour dire ce qu’est la République : un bloc face à tout cela."

Le développement de l'antisémitisme dans le monde semble général

Mais dans les faits, il serait préférable de reconnaître l'échec du modèle français. Les dirigeants musulmans en France expriment facilement leur indignation devant les accusations selon lesquelles leur communauté est responsable de la montée de l'antisémitisme, et devant les remarques qui soulignent l'augmentation des attaques anti-islamiques à travers l'Europe. La situation a obligé de nombreux Juifs français à quitter la France pour Israël. Plus de 50 000 Français sont arrivés en Israël ces 20 dernières années (contre environ 25 000 de 1982 à 1999).

Le développement de l'antisémitisme dans le monde semble généralisé. Des événements répréhensibles augmentent un peu partout en Europe. En France se trouve la troisième plus grande communauté juive au monde, dépassée seulement par Israël et les États-Unis, ce qui rend la situation encore plus grave. Ces dernières semaines, des portraits de rue de Simone Veil, avocate et femme politique française ayant survécu à l'horreur de l'Holocauste, ont été couverts par des symboles nazis. Deux arbres plantés à la mémoire d’un jeune homme juif massacré par un bourreau antisémite ont été coupés et arrachés, pour marquer la date d’anniversaire de sa mort. Pour ces fous, dont il est possible de douter de leur droit à exister, la haine continue même après la mort de leur victime.

Reconnaissant la gravité de la situation, le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a admis que la France était confrontée depuis l'année dernière à "une explosion d'actes antisémites rappelant des moments de l'histoire de la France qu'on voudrait oublier", ajoutant que cela lui "est insupportable". Face à l'apparition de croix nazies et de profanations, le ministère de la Justice a exprimé que ces actes amènent "de la tristesse, de la colère et de la consternation". Tous les partis politiques français se sont réunis pour dénoncer le racisme, la haine et la violence, en laissant de côté toute sorte de complaisance ou de minimisation de manifestations aussi dangereuses.

Il n’y a pas de dialogue sans acceptation théorique

En Allemagne également, les épisodes antisémites ont augmenté de 9,4%, soit le niveau le plus élevé en presque une décennie. Dans le cas du pays dans lequel l'horreur du nazisme a prospéré, la situation devient encore plus inquiétante.

En raison du lourd fardeau avec lequel il a péniblement souillé le passé de l'histoire de l'humanité et en particulier de l'Europe, l'antisémitisme ne doit jamais être banalisé. Face à un phénomène aussi répugnant, tous les partis politiques, quelle que soit leur couleur, doivent réagir immédiatement pour le confronter et le contrôler jusqu'à ce qu'il cesse, conscient du fait que le monde observe ce qui se passe en France et en Allemagne avec une inquiétude croissante.

Ces prochaines années pourraient être l’occasion de construire les bases d’un dialogue serein et sincère. Mais qui peut encore y croire, sinon des naïfs ou simplement des gens de mauvaise foi soucieux de sauvegarder leur position sociale ? Le dialogue est un exercice très exigeant, qui demande beaucoup d'abnégation, de respect, de franchise, d’ouverture d'esprit de la part de ceux qui s’y prêtent, et qui selon la tradition hellénique constitue l’activité humaine la plus prestigieuse. Mais il n’y a pas de dialogue sans acceptation théorique, voir reconnaissance de son interlocuteur et de ses arguments contradictoires.

Dans les moments présents, il est évident que les conditions du dialogue ne sont pas réunies. Le dialogue ne peut s’exempter ni de la sincérité ni de la clairvoyance, sans quoi il n’est plus que bavardage, prétexte à l’intimidation et préalable à la soumission.

L'occident a peur et se réfugie dans l’ignorance et l’incompréhension

Il devient alors un exercice dévoyé, asservi, perverti. Nombreux sont ceux qui ont intérêt à en faire une sorte de vaste conversation de salon superficielle, futile et finalement illusoire, autour d’un verre de thé à la menthe. En effet, les deux parties ne sont pas prêtes à dialoguer. L'occident a peur et se réfugie dans l’ignorance et l’incompréhension, comptant sur son recours à sa maîtrise de la technique et de l’économie ; le monde musulman se fige dans l’ignorance de soi et de l’autre, certain de la perfection de sa doctrine. Il y règne l'obsession machiste de la conquête et de la domination, l’inculture voulue de ses masses dirigées par des clercs obtus et des dirigeants corrompus.

Rien n’est sain dans ce rapport de force d’une infernale complexité. Une parodie de dialogue ne fait que retarder des confrontations rendues plus brutales encore. L’hypocrisie élevée ne fait que vicier les rapports entre les cultures. Pour contrer ces schémas néfastes, il serait bon de faire le pari du courage, de la franchise et de la critique argumentée, du refus de la violence comme instrument d’intimidation et de la part des musulmans, le pari de la rupture et du progrès.

Les musulmans doivent se remettre en question

Hélas, il s'avère de plus en plus difficile de le croire. Les années qui s’annoncent ne se présentent pas sous les meilleurs auspices. Les dirigeants religieux et politiques musulmans ont intérêt à proposer aux foules la confusion et l’illusion pour protéger leur pouvoir. Chez les occidentaux, le courage d’affirmer leurs valeurs et de demeurer fier de leur histoire et de leur identité, a disparu. L’amitié et le respect se méritent, ne s’imposent pas par la force ou par la peur.

Les musulmans doivent se regarder en face, se remettre en question et permettre l’abandon d'une doctrine en décalage dramatique avec le temps présent, en contradiction avec l’ensemble des droits humains. Si un rapprochement est possible et même souhaitable, il doit se nouer entre des individus, et non entre des institutions ou des communautés, entre des laïcs et non entre des clercs, sur les valeurs humanistes et universelles, et non sur une base religieuse.

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