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La France a besoin d'un Chef, pas d'un Président

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{Play}On ne peut pas concevoir une nation sans chef. Tout Etat a pour socle une hiérarchie, une autorité légitime, dont l'exercice s'allie à un esprit d'équipe bien compris qui lie le chef à ses subordonnés. De par l'investiture, Emmanuel Macron a reçu son initiative, son pouvoir de direction, sa responsabilité. Il ne semble pourtant pas à la hauteur de sa fonction.

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Un chef n'est pas celui qu'on impose, c'est celui qui s'impose

Par définition, un Président n'est pas un homme debout. Il est presque toujours un monsieur assis derrière un grand bureau, dans un cadre honorifique, arbitrant les attentes ou les revendications des citoyens présidés et en dégageant une majorité prépondérante. Il peut être habile et influent, mais il ne commande pas, ce n'est pas un chef. Celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer est un chef. Un chef n'est pas celui qu'on impose, c'est celui qui s'impose.

Emmanuel Macron est le prototype du Président tel que la France a pu les connaître depuis le départ du Général de Gaulle. Il est dans la lignée des Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande. Comme ses prédécesseurs, il fait preuve d'éloquence, de malice, d'audace, d'habileté, voire de fourberie. Il réussi à rassembler autour de lui des adhésions sentimentales ou des intérêts, mais à aucun moment il n'est le chef dont la France a besoin.

Le premier droit de l’Homme est un devoir, celui de respecter l’Homme

Le livre récemment publié du général Pierre de Villiers, Qu'est-ce qu'un chef ?, en pleine révolte des gilets jaunes, se révèle être une évidente explication de tout ce que les bien-pensants donneurs de leçon devraient faire, et ne font surtout pas. Les élites ne marchent que par intérêts personnels et par idéologie boboïste. Pour le général, "le chef doit être obéi, ce qui ne veut pas dire qu’il a toujours raison. S’il n’écoute pas et surtout s’il n’entend pas, il y a fort à parier qu’il ait rapidement tort". Le général ne cherche pas à donner la leçon, contrairement à ceux qui régulièrement le font, en affirmant "le premier droit de l’Homme est un devoir, celui de respecter l’Homme".

La tentation de Emmanuel Macron, c'est de vouloir tout faire par lui-même. C'est une grave erreur habituelle pour un Président autocrate qui a du mal à faire confiance en ne laissant pas à ses subordonnés le maximum d'initiative et d'autonomie. Toutes les personnes travaillant pour lui devraient pourtant pouvoir exploiter librement leurs possibilités, dans le respect des limites de leur délégation. La France est aujourd'hui gouvernée sans chef qui anime, encourage, ordonne et coordonne, sans chef qui pense, imagine, pèse les avantages et les contraintes et transmet à ses subordonnés sa pensée. Des efforts juxtaposés finissent toujours par aboutir à un échec, d'autant plus décevant que la bonne volonté de chacun était totale.

L'avenir du mandat de Macron, et par conséquent de la France, se joue ces prochains jours

L’actuel paysage politique laisse peu d’espoir à Emmanuel Macron de retrouver une aura suffisante pour continuer efficacement à gouverner. L’autre grande difficulté d’Emmanuel Macron est son positionnement idéologique, plutôt devenu minoritaire dans la société française. Pro-européen, libéral en matière d’économie comme sur les questions de société, il défend un projet plutôt en porte-à-faux avec un pays en demande de protection vis-à-vis de la mondialisation et travaillé par des questions identitaires et culturelles.

Emmanuel Macron veut négocier pour calmer la révolte sociale en France. Après avoir demandé à son Premier ministre de rencontrer une délégation de Gilets jaunes et des représentants de l'opposition, il n'a toujours pas pris la parole. La possibilité d'un accord pour éviter un quatrième samedi noir s'est éloignée. L'avenir du mandat de Macron, et par conséquent de la France, se joue ces prochains jours.

Situation insurrectionnelle, guérilla urbaine, République souillée, démocratie en danger ... la deuxième puissance européenne n'aurait jamais pu imaginer que des concepts pareils puissent lui être associés. Mais la violence et le chaos déchaînés chaque samedi à Paris et dans d’autres villes françaises justifient l’inflation sémantique que la révolte des Gilets jaunes a provoqué en France.

Le Président français n’a pas changé sa position sur les manifestations

La visite d'Emmanuel Macron, à son retour du G-20, sur les ruines des violentes émeutes à l'arc de triomphe, dans un lieu du Paris le plus huppé et touristique, a dénoté de son itinéraire de mémoire à l'occasion de l'armistice de la guerre de 14. Ce fut lors de cette itinérance mémorielle qu’il visita des villages à la rencontre de leurs habitants, dans le cadre de l’exercice imposé qui consistait à utiliser l’histoire pour justifier sa politique et désigner les ennemis aujourd'hui.

Le comportement d'Emmanuel Macron dans toutes les circonstances de ses activités présidentielles nous montre régulièrement qu'il existe une inadéquation entre ses actions et ses attitudes avec celles que nous attendons d'un chef. La France oubliée, notamment par de nombreux hommes politiques et journalistes parisiens, ne veut ni leçons d’histoire ni se sentir concernée par les prochaines élections. Jusqu'à présent, le Président français n’a pas changé sa position sur les manifestations des Gilets jaunes.

Pour se payer un costard, il faut un salaire qui le permette

Cette position bornée n’est pas seulement de nature conjoncturelle. C'est également une question de principes. En effet, Emmanuel Macron ne veut pas céder à la rue. Pour le dire plus directement, il n'imagine pas renoncer aux mesures qui font partie du cœur de ses réformes et du programme électoral qui l’ont amené au pouvoir. Il dit ne pas vouloir entrer dans l’histoire, à l’instar de ses prédécesseurs sans détermination, incapable selon lui de mettre en œuvre les réformes des quarante dernières années. Il affirme que lui ne reculera pas devant les manifestations et les grèves.

Les citoyens français ont un besoin urgent d'un chef

Au delà des situations vécues depuis son investiture, Emmanuel Macron dévoile aux français le visage d'un homme aux déclarations choquantes. Leurs cohérences nous révèlent ses convictions les plus profondes, par exemple le fameux "la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler". Il oublie de dire que pour se payer un costard, il faut un salaire qui le permette. Une autre fois, il déclare sans vergogne qu'une gare "c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien". La puissance de la haine sociale dans cette phrase est sidérante. Elle nous rappelle notre insignifiance. Pour lui, si ceux qui ne sont parvenu à se hisser aux niveaux des élites de la société, par exemple en devenant riche ou célèbre, ne sont rien.

La France souffre de sa place face à l'histoire. Elle est triste et malade de l'occulter, de ne plus la transmettre, d'en avoir oublié presque tout. Si notre nation perd ce lien essentiel et précieux avec ses origines, elle ne sera pas capable d'affronter l'avenir. Même si la stature de Président Emmanuel Macron est légitime et ne peut être remise en cause, nous pouvons prétendre que cela est insuffisant pour sortir la France d'une situation économique toujours plus inquiétante. Les citoyens français ont un besoin urgent d'un chef sortant de quelque part pour être le guide et le père de la Nation France, afin de lui redonner un avenir digne de son histoire.

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