Des "gilets jaunes" pour le blocage de dépôts pétroliers

Ce lundi, aux premières heures de la matinée, de nouveaux rassemblements de "gilets jaunes" ont donné lieu à des barrages près des dépôts de carburants à plusieurs endroits du pays. On peut voir, via les réseaux sociaux, que plusieurs blocages de route rendent la circulation très difficile aux alentours des raffineries.

La journée de dimanche fut l'occasion de réaliser que le divorce entre la France des centres-villes et celle de tous les autres territoires, de ce qui fut le pays de cocagne, est une réalité. On a d'ailleurs pu vérifier le désintérêt total des parisiens pour ce mouvement. Parmi ceux qui ont empli les rues, places ou périphériques de la capitale, il n’y avait pas un seul Parisien.

Alors que plusieurs blocages et barrages filtrants ont continué à entraver la circulation toute la nuit, de nouvelles manifestations se déployaient autour des péages d'autoroutes, sur les entrées ou sorties de périphériques. Le mouvement des gilets jaunes doit être perçu comme étant l'expression de la colère qui s'exprime pour une population qui ne maîtrise plus son destin. Cette colère semble être la même dans tous les territoires ruraux en métropole. Même si les conditions de vie à Toulouse, dans un petit village du Vaucluse ou dans les faubourg de Limoges ne sont pas forcément semblables.

Ce mouvement est le dernier révélateur du déclassement de la France

Il y a une part d’inattendu dans ce mouvement de contestation. La hausse des taxes et l'augmentation du carburant ne peuvent justifier à elles seules le sentiment d'injustice ressenti par les manifestants. Il est incontestable que les quelques dizaines de millier de Français les plus riches voient leurs revenus fortement augmenter, pendant qu'un nombre, toujours plus important, de millions de citoyens "d'en bas" n'arrivent plus à boucler leur fin de mois et connaissent des situations financières dramatiques.

Ce mouvement est le dernier révélateur du déclassement de la France et, sans doute, l'annonce d'une période qui risque de s'inscrire dans la longue tradition des révoltes populaires. Mais malgré trois jours de manifestation, l'ancien maire du Havre, le Premier ministre Edouard Philippe ne semble pas, ce weekend, avoir entendu quoique ce soit en déclarant, dès dimanche soir, que le gouvernement ne bougera pas d'un iota.

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