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Macron perd sa crédibilité européenne pour des mesurettes

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{Play}La pression exercée par la rigueur a également commencé à créer des tensions en France. Cette dernière, un des plus importants membres de l’Union Européenne, a commencé à suivre les règles du Pacte budgétaire seulement à compter de 2018, après neuf années successives d'infraction pour déficit excessif.

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Les récentes manifestations populaires des Gilets jaunes du mois dernier ont considérablement affaibli l’image du président Emmanuel Macron, qui venait à peine de se remettre d'une forte dégradation de sa côte de popularité due, avant l'été, au mauvais comportement d'un de ses collaborateurs chargé des tâches de sécurité. En novembre une augmentation de 5 centimes par litre de taxes sur le gazole et l’essence ont révélé le malaise qui couvait dans les territoires français où vivent 60% du peuple. Ce n’était qu’une l’étincelle qui mit le feu en décembre dans Paris.

Une opposition sociale très large s’est agglomérée autour des Gilets jaunes, avec plus de 80% des consentements, un niveau très élevé qui reflète la chute de confiance exprimée à la fois envers le président Emmanuel Macron, récemment passé sous la barre des 23%, et vers le gouvernement d'Edouard Philippe.

Les forces de l'opposition politique sont restées très réservées, aucun dirigeant de parti n'étant actuellement en mesure de s’accaparer le mouvement sans être accusé de vouloir récupérer le mouvement populaire à ses fins. Le Président a été tout d’abords surpris et incrédule, puis a du parvenir à voir monter, partout en France, un paradoxal mouvement généralisé au sein d’une population qu’il avait mépris, et qui, tout à coup, le défiait ouvertement pour les choix fiscaux du gouvernement. Cela se déroule sous les regards d’une opposition politique aphasique qui s'est effondrée en une myriade de formations dans lesquelles les gaullistes et les socialistes ne représentent plus que les restes nostalgiques du système.

La réaction de l'exécutif français a été contradictoire, après la fermeté initiale, il a d'abord été annoncé la suspension de six mois de toutes les augmentations des taxes sur les carburants, le gaz, l'électricité et les autoroutes; la manœuvre a ensuite été annulée pour l'ensemble de l'année 2019. Au lieu de cela, le président Macron, dans un discours à la Nation, a franchi un pas important en promettant, une augmentation de 100 euros du salaire minimum grâce à une exonération fiscale dont ils bénéficient déjà, une exonération du paiement des cotisations sociales sur les retraites jusqu'à 2000 euros, l'exonération des impôts et contributions  liés aux heures supplémentaires et enfin la réduction d'impôt complète sur les primes de fin d'année payées par les entreprises aux employés. Le coût approximatif, compris entre 10 et 12 milliards d'euros, financé par le déficit, dépassera à nouveau le plafond de 3% du PIB.

Le commissaire européen Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances à Paris et qui, lors de cette mission, avait manifestement contesté la politique de rigueur, a accepté les propositions de Macron, le renversement est possible, comme "limité, temporaire et exceptionnel".  

Les tensions sociales et politiques continuent de se multiplier. Les familles politiques traditionnelles, populaires, gaullistes, socialistes et démocrates, qui dominaient la scène démocratique depuis l'après-guerre, sont en pleine crise. Leur alternance au pouvoir a perdu de la crédibilité en raison de la pleine adhésion qu'ils ont accordée aux règles d'austérité décidées avec le Pacte budgétaire, aux politiques de déflation des salaires qui en ont résulté, aux mécanismes de stricte condition auxquels l'aide de l'Union est subordonnée à la troïka, composée de l’UE, de la BCE et du FMI.

Jusqu'à présent, cependant, les manifestations populaires grandissantes et les nouvelles majorités eurosceptiques se sont écrasées sur le mur de Bruxelles, le vote n'aide pas et les règles ne changent pas avec les gouvernements. Cela a été expliqué brutalement en 2015 par le ministre allemand des Finances Wolfgang Shaeuble au président grec nouvellement élu, Alexis Tsipras, et à son ministre du Trésor, Janis Varoufakis, qui pensaient pouvoir contrer les mesures d'austérité acceptées par leur prédécesseur en échange d'un renflouement financier. L’acte de capitulation avait déjà été signé qui imposait à la Grèce de renoncer à toute résistance.

Le mouvement Syriza a été le premier à remporter les élections politiques européennes sur la vague de protestation populaire, convaincre le gouvernement grec de ne plus demander de modifications supplémentaires au plan d'austérité et sous prétexte que les banques ne disposaient plus de liquidités en raison de retraits continus, à la fin du mois de juin 2015, la troïka a décidé de fermer les succursales en bloquant chaque transaction, y compris celles sur les cartes de crédit, aux guichets automatiques, le retrait était limité à 60 euros. L'économie a été amenée à s'effondrer et Athènes a finalement plié ses genoux.

En raison du danger d'implosion de la monnaie unique, la zone euro s'est transformée en un système de commandement et de contrôle centralisé et militarisé. L'Union européenne coïncide maintenant avec la zone euro, tandis que tout le reste est accessoire, inutile. C'est pourquoi le Premier ministre britannique David Cameron a voté contre les propositions présentées lors du Conseil européen de décembre 2011, il ne souhaitait pas adhérer au pacte budgétaire, il était soumis à l'Union bancaire et participait encore moins au financement du MES. Le Brexit est né à ce moment là.

Le détachement britannique de l’Union reste l’un des facteurs les plus critiques, personne ne sait comment cela va se terminer. Malgré des mois et des mois de négociations épuisantes, l'accord de retrait britannique n'a pas encore été approuvé par Westminster. La première ministre Theresa May, après avoir demandé le report du vote parlementaire de l'accord sur janvier, devait promettre qu'elle ne mènera pas les conservateurs aux élections de 2021 et a également subi le honteux camouflé de la motion de censure. Elle est restée en selle, mais a accusé le coup après le résultat peu convainquant, puisqu'un tiers de ses députés ont voté contre. Maintenant il faudra se rendre à Bruxelles, pour éviter les limbes éternels auxquels l’Angleterre semble avoir été condamnée.

La Perfide Albion ne sera plus dans l’Union, mais pas non plus vraiment en dehors de celle-ci, combinant ainsi les inconvénients des deux conditions. La position européenne agit en utilisant la rétorsion, pas de réduction, pas de rendement. Ceux qui quittent l'Union doivent être sévèrement punis.

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