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Le pacte mondial pour les migrations est inopportun

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{Play}Quelques jours avant la signature officielle du Pacte mondial pour les migrations, dénommé aussi Accord de Marrakech, de nombreux pays ont déclaré publiquement qu'ils ne partageaient pas les dix principes contenus dans l'accord, comme la validité illimitée des droits humains pour tous les migrants, le droit souverain des États de définir leur politique en matière de migration, les 23 formulations d'objectifs, ainsi que les mesures pour les atteindre.

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L'an dernier, pour le HCR, sur les 258 millions migrants recensés, seulement 60 millions d'entre eux fuyaient la guerre ou un conflit armé. Les réunions tenues à Rome, sur la Libye et les flux migratoires qui arrivent principalement en Italie, se sont achevées, il y a quelques jours, et la plupart des participants ont parlé de succès. En fait, il y a peu de raisons de se réjouir. Tout d'abord, les réunions se sont conclues sans aucun accord formel, mais le plus important, c’est que le nombre de pays déclarant ne pas vouloir signer l'accord international s'est fortement accru. Ce pacte est censé apporter une réponse au problème des migrations, en Méditerranée, en particulier de la Libye vers Italie, mais aussi en Grèce, aux États-Unis d'Amérique centrale et méridionale et en Afrique.

Il y a quelques jours à peine, le gouvernement tchèque a officiellement annoncé sa volonté de ne pas adhérer au "Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière", qui est le premier accord mondial dans le genre. Définir une approche commune concernant le problème des migrations est une gageure. L'accord juridiquement non contraignant a pour objectif de devenir le point de référence pour définir une gouvernance des mouvements migratoires.

Le Premier ministre tchèque,Andrej Babis, a communiqué la volonté de son gouvernement dans une note à l'agence CTK. Selon Babis, le pacte ne fournit pas de garanties suffisantes en ne faisant pas de distinction claire et précise entre migration légale et migration illégale. D'un autre avis Louise Arbor, représentant spécial du Secrétaire général sur les migrations internationales des Nations Unies, a déclaré :

"L'Union européenne maintenant, et encore plus dans les décennies à venir devra trouver des solutions immédiates pour ouvrir les voies légales pour obtenir une main-d'œuvre nécessaire. Ce problème est maintenant évident dans l’économie de nombreux pays, européens et non européens, qui, à l’avenir, devront faire face à un déficit important en ressources humaines ".

La décision de la République tchèque n'est que le dernier État d'une longue liste de pays ayant déjà annoncé leur opposition à la signature de cet accord, parmi lesquels les États-Unis, plusieurs pays européens, Bulgarie, Pologne, Hongrie, Autriche. La Suisse a également indiqué qu'elle ne signerait pas l'accord pour l'instant, tout en laissant une porte ouverte pour l'avenir. La déclaration de l’ambassadrice permanente des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, était claire depuis le début :

"La déclaration contient des dispositions qui ne sont pas conformes à la politique américaine."

C'est pourquoi le président Trump a décidé que les États-Unis mettraient fin à leur participation au processus. Une décision qui n'a surpris personne. À ce jour, les États-Unis d’Amérique font partie des pays du monde qui ont ratifié le moins d’accords, produits par les Nations Unies, relatifs aux droits de l’homme, seulement 5 sur 18. Même la Convention relative aux droits de l’enfant, signée à New York en 1989 qui fut l'accord international le plus rapide à entrer en vigueur, après plus de vingt ans, n'a toujours pas été ratifié par les États-Unis.

Antonio Guterres, a prétendu que les migrants sont un moteur extraordinaire de la croissance

Le fait que la signature du Protocole de l’ONU sur les migrations, prévu les 10 et 11 décembre lors de la conférence internationale de Marrakech au Maroc, ne soit pas contraignant pour les pays signataires, conduisent les pays non signataires à considérer qu'il est donc pas nécessaire de les signer. De plus, si l'accord était contraignant, ces derniers auraient encore plus de raison de ne pas le signer.

Depuis 2015, il est question d’adopter des mesures pour contrer les politiques hostiles à l’accueil des migrants, en particulier non européens. La décision, datant de juillet dernier, de mettre cet accord à l'ordre du jour était vouée à un échec. À cette occasion, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a prétendu que "les migrants sont un moteur extraordinaire de la croissance". De nombreux pays des Nations Unies, à l'exception des États-Unis, avaient alors approuvé cette manière de traiter le problème. Quelques jours plus tard, toutefois, certains gouvernements ont commencé à se retirer. Le premier fut le gouvernement hongrois.

Quelques jours après la signature officielle de l'accord, le nombre de pays ayant officiellement déclaré ne pas partager les principes contenus dans l'accord était déjà important. Pour l'ONU les mesures visent à protéger les droits des migrants, quel que soit leur statut, à lutter contre la xénophobie, l'exploitation, la traite des êtres humains, et la détention d'enfants, mais aussi à améliorer l'assistance humanitaire et l'aide au développement des pays les plus touchés.

Des stratégies de marketing visant, à détourner l’attention de la population

Plus de 150 millions de migrants ont quitté leur pays à la recherche d'un travail et environ 5 millions pour des raisons d'étude. Des chiffres qui laissent sans voix. Dans toute l'Europe, les arrivées de migrants, dont parlent chaque jour les journaux, s'élevaient, en 2018, à un peu plus de cent mille. Et ceux qui ont essayé de le faire en traversant la Méditerranée étaient un peu plus de soixante-dix mille, toujours selon l'agence des Nations Unies. La réalité des chiffres est plus que contestable.

En Europe occidentale et aux États-Unis, le pourcentage de migrants représente, pour l'instant, environ 10 à 20% de la population. D'autre part, en Italie ou dans les pays de l'Europe de l'Est, dont beaucoup sont ceux qui ont érigé des barrières et se sont précipités pour se déclarer opposés à la signature de l'accord sur la migration, il est encore plus bas, il n'atteint même pas 8%, voire beaucoup moins. 

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