L'Union européenne affaiblit ses pays membres

Le problème majeur de l'Union européenne n'est pas dû aux supers pouvoirs de ses dirigeants, ni à Donald Trump qui s'évertue à attaquer l’euro et l’UE. Ce n'est pas la Chine de Xi Jinping et sa Route de la soie, ni davantage la Russie de l'euro-sceptique Vladimir Poutine. Le vrai problème de l'Union européenne, c'est l'Europe elle-même.

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L'UE des 27 ou des 28 est un ramassis de gouvernements de plus en plus fragiles, représentant parfois moins de 25% des électeurs inscrits, ce qui en fait des pays ingérables. Les populations européennes sont de plus en plus fatiguées de voir leurs dirigeants perdre tout sens des réalités. L'UE en arrive à être délégitimée aux yeux du monde lorsque les querelles des dirigeants européens et les promesses des partis souverains forment un panorama hétérogène composé de dirigeants affaiblis.

D'un point de vue national, les choses ne vont pas mieux, aucun pays de l'UE est à l'abri de crises internes, de la faiblesse de ses dirigeants et des partis politiques dont les bases sont hétérogènes et fragiles. Il s'agit en fait de coalitions englobant la quasi-totalité de la scène politique ou, au minimum, de nombreuses tendances politiques contradictoires.

En Scandinavie, les gouvernements s'appuient sur des majorités de plus en plus faibles et étendues. En Allemagne, la Grande Coalition voit une majorité de plus en plus étroite avec une perte constante de consensus pour Angela Merkel. L’Autriche traverse une crise après la chute de Sebastian Kurz. La Belgique et les Pays-Bas se trouvent dans des conditions de plus en plus critiques d’un point de vue politique. Le Royaume-Uni, après le vote sur le référendum sur le Brexit , s'est révélé de plus en plus fragile et se retrouve enfermé dans un processus dramatique, avec un gouvernement tellement affaibli que le premier ministre britannique a du démissionné.

En France le Président Emmanuel Macron a perdu une grande partie de son aura tandis que le parti souverainiste Rassemblement National progresse. Et bien qu’elle n’ait pas réussi à faire un score historique aux européennes Marine Le Pen a pu afficher que le soutien populaire était supérieur à celui du président. L' Espagne est gouvernée avec une majorité parlementaire fragile élue après plusieurs tours de scrutin. Pedro Sanchez n'a pas un gouvernement de coalition claire et les séparatistes régionaux continuent de faire pression sur le pouvoir. L'Italie a un exécutif composé d'une majorité faite d'une alliance improbable de populistes de droite et de gauche qui ont différentes visions stratégiques basées sur leurs différentes idéologies. Les Balkans restent la poudrière qu'ils ont toujours été. Le seul endroit où une certaine stabilité politique peut se vérifier est celui de Visegrad qui est précisément la partie la plus critiquée par les dirigeants de l'Union européenne.

Les élections du 26 mai ont confirmé la montée des mouvements souverainistes ou populistes, mais aussi la fragmentation du Parlement européen vérifiée par la guerre interne qui fait rage pour accéder aux meilleurs sièges offertes à Bruxelles et dans l'UE, du président de la Commission à la tête de la Banque centrale européenne. Ce moment de nomination, avec ses alliances fragiles, ses dirigeants faibles, ses nouveaux partis et ses divergences d'intérêt, affaibli gravement le système européen.

Cela a des conséquences géopolitiques importantes qui amènent les superpuissances, la Chine, les USA et la Russie, à avoir des visées hégémoniques vers l’Europe. L'Union européenne s'effrite sous ses propres coups, se consume des échecs des gouvernements qui se prétendent pourtant être pro-européens et de ceux qui soutiennent depuis trop longtemps une certaine ligne fondamentaliste à l'égard de Bruxelles sans toutefois comprendre les réalités du monde moderne et l'aspiration des peuples.

Pour les États européens, un nouveau cycle historique de souveraineté ne sera pas suffisant à réparé quarante années d'erreurs et de mensonges de la part de dirigeants de gauche et de la fausse droite. Il faut s'attendre à un long chemin de croix accentué par une paupérisation qui est déjà à l'oeuvre. Les conflits inter-états vont se durcir avec des degrés d'intensité qui dépendront des contingences de la finance mondialisée. Les masses vont de plus en plus s'appauvrirent tandis que les régimes continueront d'utiliser les peurs entre souverainisme et mondialisation comme deux fausses alternatives médiatiques.

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