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L'OTAN reste indispensable à la sécurité des Etats

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{Play}L'Organisation du traité de l'Atlantique nord a fêté le 4 avril ses 70 ans. Depuis 1949, beaucoup de choses ont changé. La guerre froide, à l'origine de la création de l'alliance, est terminée depuis trente ans. Cependant, les relations transatlantiques traversent actuellement une période de grande incertitude.

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L'OTAN, dont l’objectif essentiel et immuable est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires, est toujours indispensable à la sécurité de ses membres et au soutien de la stabilité internationale. Ce n'est pas un hasard si les célébrations de l'anniversaire à Washington ont eu lieu entre ministres des Affaires étrangères, tandis que la cérémonie entre chefs d'État et de gouvernement se tiendra à Londres à l'automne.

L’OTAN reste indispensable à la sécurité de ses pays membres et, en tant que soutien, à la stabilité internationale. Mais l’avènement à la Maison-Blanche du Président isolationniste et uni-latéraliste, en contestant la clause de défense solidaire de l’article 5 du Traité atlantique, a ravivé les questions sur la raison d’être d’une Alliance née de la confrontation Est-Ouest.

Après la disparition de l'URSS, le cadre stratégique global a subi de profonds changements auxquels l'OTAN s'est progressivement adaptée, entre la sauvegarde de la mission initiale de défense collective et l'acquisition de nouvelles fonctions liées à l'apparition de menaces ou de risques pour la sécurité de ses membres.

Parler d'un retour à la guerre froide est très exagéré

L'Alliance devra continuer à s'adapter, en conservant les actifs acquis, à intégrer les nouveaux besoins pour répondre aux nouveaux objectifs. Elle devra également empêcher le risque d'une menace russe. De même l' engagement de Washington de fournir des directives fermes à l'Alliance doit favoriser la clarté des différentes priorités et évaluations parmi ses membres. Elle doit éliminer certains handicaps, telle que la faiblesse des dépenses militaires européennes, trouver le bon équilibre de répartition des commandes militaires entre les industries européennes et américaines et, enfin, gérer la situation problématique de la Turquie.

Les tensions renouvelées entre Occident et Moscou raniment les raisons qui ont amené le monde libre à conclure le pacte atlantique il y a 70 ans. Parler d'un retour à la guerre froide est très exagéré et ne correspond pas à la réalité du moment, mais l'intervention russe en Ukraine ainsi que les pressions exercées sur les pays voisins, les multiples ingérences dans les affaires intérieures de certains pays, les positions politiques affirmées en Méditerranée et au Moyen-Orient, ainsi que les programmes de modernisation de son armement nucléaire et classique, amènent à considérer le président russe Vladimir Poutine comme une forme de menace latente. Cette situation a permis de redécouvrir l'OTAN et a refroidi l'enthousiasme de certains pays souhaitant la dissolution de l'Alliance.

Le potentiel de l'OTAN s'est révélé inestimable pour la sécurité des pays occidentaux

Pour autant, l’Occident est en mesure d'explorer les moyens de parvenir à des ententes et des accords avec Moscou. Libéré de toute accusation de connivence avec les Russes pendant la campagne présidentielle, le Président des États-Unis devrait retrouver la liberté, sans risque d'incompréhension populaire, de dialoguer avec le Kremlin. À cette fin, Donald Trump peut s'avérer utile pour composer avec les différentes sensibilités auxquelles sont confrontés les européens, en particulier les Polonais, avec la Russie. Mais une réponse centrée sur la Russie pour justifier l'apport et l'importance de l'OTAN n'est pas suffisante, car l'impact des ambitions chinoises sont aussi un facteur important pour les États-Unis qui voient dans la Chine un adversaire potentiel sans doute le plus difficile à contenir.

Les responsables américains ont d’ailleurs mis en avant la menace chinoise dans le cadre des discussions sur l'Alliance atlantique. Cela ne signifie pas que les États-Unis imaginent un rôle direct de l'OTAN envers la Chine. Cependant, ils accordent une attention particulière à la puissance militaire de la Chine et s'impliquent à constituer des forces dans le pacifique. Cette tendance n'est pas neutre pour l'Alliance et peut expliquer en partie les avertissements brutaux de Trump aux Européens afin qu'ils augmentent les dépenses militaires et s'engagent davantage dans les domaines qui les concernent le plus directement. Pour Trump, la volonté de discuter de manière constructive de ces questions sert à montrer que la composante européenne de l'OTAN n'est pas une galéjade sans vision stratégique.

Après la fin de la guerre froide, l’Alliance a étendu ses tâches, notamment aux opérations de stabilisation et de pacification, des Balkans à l’Iraq, en passant par l’Afghanistan, afin de contrer les foyers de crise qui, bien que géographiquement éloignés, menaçaient ses membres, en raison d'effondrements d'État, avec les désordres qui en résultent, le terrorisme, les migrations de masse, etc. Le potentiel de l'OTAN s'est révélé inestimable pour la sécurité des pays occidentaux ainsi que pour la stabilité générale. Il a également mis en évidence la capacité et l'efficacité d'intervention des États-Unis. Au moment où les États-Unis annoncent leur intention de réduire leur engagement militaire à l'étranger, l’OTAN doit continuer à être capable de mener des opérations à l’avenir avec ou sans le concours américain.

Il faudrait sans doute s’efforcer de créer une capacité militaire européenne forte

Aujourd'hui encore, l’Alliance constitue le véhicule, pour l’instant, sans alternative, permettant d’assurer le lien transatlantique et un espace de sécurité unitaire entre les États-Unis et l’Europe. Malgré les tensions, le couplage stratégique est une valeur à préserver et à ressentir largement des deux côtés de l’Atlantique. Les effets de la présidence Trump se font également sentir dans le débat sur la défense européenne, avec des conséquences pour l'OTAN. De nombreuses voix faisant autorité exhortent les pays de l'UE à prendre en charge la protection de leur sécurité. C'est une nécessité malgré les divisions qui pèsent sur les pays de l'UE qui ne nourrissent pas l'optimisme quant aux résultats.

Il faudrait sans doute s’efforcer de créer une capacité militaire européenne forte, mais ce projet doit être complémentaire et non contradictoire à l’engagement de l’OTAN. Le grand chevauchement des effectifs entre l'OTAN et l'UE va dans ce sens, sans parler d'autres facteurs, tels que les affinités des besoins en matière de sécurité, les ressources à rationaliser, etc. La complémentarité résout également le problème crucial de la dissuasion nucléaire.

De nos jours, il n'y a pas de défense, au sens plein du terme, si elle n'est pas soutenue par l'arme nucléaire. Une telle composante européenne commune n'est pas à l'horizon, pas plus que la crédibilité de la France avec les évolutions de sa doctrine militaire. Croire que les pays membres de l'UE sont disposés à se mettre sous la protection de Paris, avec les conséquences politiques qui en découleraient également en termes de hiérarchie du pouvoir, est au minimum utopique, sinon grotesque. Aujourd'hui, il s'agit essentiellement d'accroître et de rationaliser les capacités de défense des Européens. L'OTAN restera longtemps un outil de défense commun.

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