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L'OTAN provoque la Russie dans les Balkans

{Play}L'Alliance atlantique (OTAN) a salué le début du processus d'adhésion de la Macédoine du Nord, qui laisse le Kremlin, puissant agent d'influence des Balkans, hors du jeu. Il s'agit d'un coup porté aux intérêts de la Russie. L'OTAN met enfin les pieds dans les Balkans.

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La Maison Blanche a laissé entendre que Washington pourrait se retirer de l'OTAN

Avec une ovation des 29 autres membres, l’OTAN a souligné que la signature du protocole d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Alliance atlantique était l’un des rares motifs de joie qu’elle a connu ces derniers temps. Pour rappel, l'OTAN est une organisation internationale à caractère politique et militaire, dont l’objectif est de garantir la liberté et la sécurité de ses membres au travers de moyens politiques et militaires.

Cette adhésion vient contraster avec le retrait des États-Unis du Traité sur le Forces Nucléaires à Portée Intermédiaire (FNI), signés par les États-Unis et la Russie, qui pourrait réactiver une course aux armements. Depuis son investiture, Donald Trump presse l'ensemble des pays membres de l'OTAN pour que l'objectif de 2% du PNB alloué à la défense soit atteint. Comme presque aucun pays n'a répondu à cet engagement, la Maison Blanche a laissé entendre que Washington pourrait se retirer de l'Organisation. La décision se se retirer de L’OTAN est une prérogative présidentielle, de sorte que ni le Sénat ni le Congrès ne pourrait s'y opposer.

Moscou a eu une influence dans l'élite nationaliste macédonienne

Jusqu'à récemment, l'OTAN était l'une des principales sources de pression occidentale sur Moscou et ses alliés. L'Alliance atlantique est aujourd'hui plus faible que jamais, précisément à cause de l'isolationnisme du Président américain. Comme ce fut le cas avec le Monténégro en 2017, la Russie a de nouveau remporté le match dans un pays slave et dans l'une des guêpes européennes, les Balkans. Moscou a eu une influence dans l'élite nationaliste macédonienne, mais le soutien populaire dans le pays pour entrer dans l'Alliance atlantique était massif. Ni la propagande ni les pirates informatiques n'ont été en mesure de surmonter ce soutien.

Pendant des décennies, alors que la Macédoine refusait de changer de nom, la Grèce opposait son veto à des négociations à perpétuité pour l'entrée du pays dans l'OTAN et l'Union européenne. L’arrivée de la Macédoine du Nord au sein de l’Alliance était loin d’être simple et, à plusieurs reprises, le processus risquait de dérailler car, malgré la situation difficile dans laquelle se trouvait le pays, l'OTAN a dû surmonter plusieurs écueils importants.

Athènes considérait historiquement, et cela a été maintenu par les gouvernements conservateurs ou socialistes, que l'utilisation de la "Macédoine", comme nom pour le pays voisin, pourrait nourrir les rêves nationalistes d'une partie de la population et, par conséquent, éveiller les revendications territoriales sur sa région macédonienne. Les hommes politiques macédoniens n'étaient pas disposés à renoncer à un nom qui les aidait à construire une identité nationale autour du leader historique macédonien par excellence, Alexandre le Grand.

Les coalitions parlementaires de Zaev et de Tsipras ont essuyé de lourdes pertes

Les Premiers ministres grec et macédonien, Alexis Tsipras et Zoran Zaev, moins nationalistes que leurs prédécesseurs, ont conclu en juin l'accord de Prespa qui prévoit le changement du nom de la Macédoine en "République de Macédoine du nord", mettant fin à un litige vieux de près de trois décennies. 

Les coalitions parlementaires de Zaev et de Tsipras ont essuyé de lourdes pertes, mais en janvier, l'accord a été voté à la Chambre hellénique. La Macédoine du Nord a organisé un référendum largement boycotté par l'opposition et Tsipras a failli manquer de pouvoir. Les manifestations organisées dans les deux pays par les grands groupes nationalistes ont fait trembler les deux gouvernements. Au final, l'accord de Prespa a permis de lever le veto grec à l'adhésion de la Macédoine à l'OTAN et à son rapprochement de l'Union européenne.

Le principal objectif de Belgrade est désormais d'adhérer à l'UE

Nombre de ces manifestations ont été suivies par des agents provocateurs financés par Moscou, comme l'ont découvert les autorités grecques, qui ont même expulsé des diplomates russes accusés de vouloir corrompre des fonctionnaires pour faire dérailler l'accord. Il s'avère que l’arrivée de la Macédoine du Nord à l’OTAN a été précédée par un différend indirect entre le bloc américano-européen et la Russie.

Bien que la guerre en Yougoslavie et le bombardement de Belgrade ne laissent aucun doute sur l'adhésion de la Serbie à l'OTAN, le principal objectif de Belgrade est désormais d'adhérer à l'UE, ce que la Russie ne semble pas vouloir accepter. L'entrée de la Serbie dans le bloc occidental, qui était l'un des alliés traditionnels de Moscou pour ses affinités culturelles et religieuses, laisserait à la Russie une influence minimale en Europe.

La Serbie dépend du veto russe à l'ONU

Bruxelles a établi que d'ici 2025 le pays pourrait rejoindre le bloc européen, ce qui en soi donne la possibilité de résoudre le problème du Kosovo. Cependant, elle ne pose pas de conditions, et pour l'instant il semble que le Kosovo doit d'abord passer par la case "reconnaissance de la région en tant que pays autonome".

En fait, l’exemple de la solution de la Grèce et de la Macédoine du Nord sur le nom, conflit assez enraciné, laisse espérer qu’il est possible que les différends de la région puissent être résolus sans nécessairement recourir à la violence. Ceux qui dénoncent la connivence entre mafias, ultranationalisme et corruption politique sont harcelés sans relâche. Les plus menacés doivent vivre sous protection.

La plupart des analystes estiment que la Russie n'a rien à gagner de la résolution du conflit et a beaucoup à perdre. Jusqu'à présent, la Serbie dépend du veto russe à l'ONU pour que le Kosovo ne soit pas admis.

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