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Etats-Unis : l'islam militant progresse chez les démocrates

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{Play}Devant les provocations anti-israéliennes d'Ilhan Omar, députée musulmane des démocrates américains, les républicains ont exigé une résolution contre l'antisémitisme, tout en appelant à l'action contre l'islamophobie.

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En réalité les démocrates n'ont fait voter qu'un texte de compromis "contre la haine". Le Président Donald Trump, généralement accusé d'être un fasciste américain par les démocrates progressistes, accuse à son tour les démocrates d'être antisémites. Ils sont en train de devenir "un parti contre Israël, contre les Juifs", a déclaré le Président. La député démocrate accusée par Trump, Ilhan Omar, est défendue par David Duke, l'ancien dirigeant du Ku Klux Klan. Considéré comme un partisan de Trump dans toute la propagande démocratique, ce dernier a tweeter pour prendre la défense de la députée musulmane d’origine somalienne.

Ilhan Omar a été élue au collège du Minnesota avec les démocrates aux élections de mi-mandat de 2018. Initialement, elle a été adoubée par ses collègues du parti comme exemple de diversité, parce que femme et parce que musulmane. Elle participe à des sessions parlementaires en portant fièrement le voile traditionnel, premier cas de l'histoire américaine.

Les Juifs seraient plus fidèles à Israël qu'aux États-Unis

Plus surprenant, la proposition d'autoriser le port du voile a également été saluée par Ivanka Trump, fille et conseillère du président américain, par un tweet paru le 19 novembre 2019, et ce en dépit de l’appel de son père à interdire l’entrée de nouveaux arrivants musulmans sur le territoire américain. L’interdiction était dénoncée par plusieurs parlementaires, notamment la démocrate Frederica Wilson, connue pour porter des chapeaux aux couleurs tapageuses. Elle ne sera toutefois pas concernée par le changement, les couvre-chefs restant interdits.

Les problèmes ont commencé en janvier lorsque Trump a engagé des discussions sur la politique étrangère du Moyen-Orient. Ilhan Omar s'est alors exprimée contre Israël et les Juifs avec un langage coloré et stéréotypé qui peut être apprécié par la gauche, mais qui est très mal accueilli même au sein de son parti démocrate. Lors d'une réunion, Ilhan Omar a critiqué la "double loyauté" des Juifs américains, le stéréotype typique selon lequel les Juifs seraient plus fidèles à Israël qu'aux États-Unis. La communauté juive, traditionnellement pro-démocrate au moins depuis le XXe siècle, n'a pas apprécié les propos de la députée.

La différence réside dans le degré de militantisme

Cette histoire s'est terminée à la Chambre du Congrès, où les républicains ont promu une résolution contre l'antisémitisme. Les démocrates, bien que divisés, ont défendu leur députée. Il s’agissait en particulier d’Alexandria Ocasio Cortez, du groupe social-démocrate, une étoile montante de la nouvelle génération de progressistes. La défense a conclu que si l'on veut adopter une résolution contre l'antisémitisme, il faut également le faire contre l'islamophobie.

Ainsi, jeudi, un compromis a été trouvé et la résolution votée est "contre la haine" et "toutes formes de préjugés", y compris le "suprématisme blanc". Donald Trump a qualifié ce vote au Congrès américain de "disgrâce". La véritable nouveauté de ce Congrès vient du fait qu'il s'est déroulé en présence d'un groupe de pression islamique naissant. Ce n'est pas la première fois que les musulmans sont représentés au Congrès. Sur le plan numérique, la différence est minime par rapport au dernier mandat : il y avait 2 musulmans au précédent congrès, ils sont maintenant 3. Une infime minorité.

La différence réside dans le degré de militantisme. Deux des trois musulmans représentés, les deux députés élus avec les démocrates Ilhan Omar et Rashida Tlaib, sont très militants. Ils utilisent principalement le thème de la question du Moyen-Orient comme un ciment pour leur électorat et comme caractéristique de la nouvelle politique. En 2012, Ilhan Omar a écrit un tweet dans lequel elle disait : "Israël a hypnotisé le monde, qu'Allah réveille les gens et les aide à voir le mal qu'Israël fait". Plus qu'un tweet, il s'agit d'un petit sermon, semblable à tous égards à ceux qui écoutent la télévision islamique. Ilhan Omar ne s'est jamais rétracté pour ce tweet, du moins jusqu'à ce qu'il handicape sa candidature, et qu'elle dut se résigner a supprimer le message et faire des excuses publiques.

Les démocrates ont brisé le grand tabou des États-Unis : critiquer Israël

Sa collègue du parti Rashida Tlaib, d'origine palestinienne, a été beaucoup plus explicite. En provenance du Moyen-Orient, elle promeut activement une campagne de boycott d'Israël. Pourtant Rashida Tlaib, pendant la compétition électorale, alors qu'elle participait aux primaires démocrates, soutenait la solution habituelle pour le Moyen-Orient, celle de "deux peuples dans deux États". Pendant le déroulement du Congrès, Rashida Tlaib a été photographiée à côté d'Abbas Hamideh, le directeur de l'association pro-palestinienne Al Awda qui soutient ouvertement le droit de retour des descendants des réfugiés palestiniens en Israël. Ce fan explicite de Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, à qui il a récemment consacré un tweet de vœux et d'éloges souhaitant un joyeux anniversaire "au plus honorable dirigeant arabe musulman de notre époque".

Il y a peu, se faire photographier avec un contact pareil aurait incendié toute une carrière politique. Le Hezbollah est sur la liste noire des États-Unis pour les organisations terroristes. Aujourd'hui, au contraire, cette image attire les votes d'une certaine gauche américaine.

Il est difficile de penser que l'agenda islamique s'arrêtera là

En défendant Omar, Alexandria Ocasio Cortez a commencé à interroger toute la politique étrangère américaine. L'attaque contre les talibans et Al-Qaïda en Afghanistan est définie par Alexandria de "désastreuse" et surtout "fausse". Selon elle, le chemin de la "non-intervention" devait être suivi. Il est rare de voir comment une femme non musulmane défend sa collègue musulmane avec un discours plus royaliste que le roi. En y regarder de plus près, cela n'est pas vraiment surprenant, car c’est avant tout la gauche, au nom de la diversité, qui attire la minorité islamique. Pas musulmane au sens large, mais juste militant islamique. Le Moyen-Orient et Israël en est la cause principale. Il est difficile de penser que l'agenda islamique s'arrêtera là.

Les démocrates ont brisé le grand tabou des États-Unis : critiquer Israël. Les jeunes gens s'introduisent sur la scène politique des États-Unis et sont déterminés à condamner Israël pour son oppression contre le peuple palestinien.

Maintenant, les jeunes stars démocrates tels Tulsi Gabbard, Kamala Harris, Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar ont prétendu qu'il y avait trop d'influence de droite contre la Palestine. Il est vrai que, jusqu'à présent, les journalistes et éditorialistes américains qui écrivaient quelque chose de négatif à propos d'Israël étaient en danger. Encore récemment, les journalistes n'étaient pas autorisés à écrire qu'il existait un puissant lobby israélien aux USA. Les Etats-Unis sont en passe de connaître les problèmes européens au sujet le l'islam. Ils ne savent peut-être pas encore que la question palestinienne est un prétexte pour que l'islamisme progresse chez eux.

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