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Brexit : l'UE intransigeante veut faire plier le Royaume-Uni

{Play}La Chambre des communes a rejeté pour la troisième fois consécutives l'accord sur le Brexit conclu en novembre par le gouvernement britannique et l'Union européenne. Ce nouveau vote négatif a déclenché un processus d'urgence et a amené l'UE à convoquer un sommet extraordinaire le 10 avril prochain.

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Après le vote, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que Bruxelles "regrettait" la décision des députés britanniques et qu'un désormais Brexit sans accord le 12 avril est "un scénario probable".

"L'UE restera unie. Les avantages de l'accord, y compris la période de transition, ne seront en aucun cas reproduits dans un scénario sans accord."

Selon les conclusions du dernier Conseil européen, le gouvernement britannique doit décider de ce qu'il préfère faire maintenant : aller vers un Brexit sans accord ou une longue transition qui inclurait l'obligation pour le pays de participer aux élections européennes, un prix politique très élevé pour l'exécutif conservateur britannique.

Après trois années d'incertitude, la semaine prochaine sera déterminante. L'UE accélérera tous ses débats sur les mesures à prendre dans l'éventualité où la sortie du Royaume-Uni de l'UE finirait sans accord. Le Royaume-Uni devait quitter l'Union européenne vendredi 29 mars 2019. Se passer d'un accord aurait très certainement des conséquences économiques et sociales peu réjouissantes pour le Royaume-Uni. Theresa May, la première ministre britannique, le sait très bien et connait la position de Westminster qui est radicalement opposé à cette option.

De plus, une longue prolongation aura un prix politique très élevé à supporter, avec en prime l'exigence de l'UE qui imposerait certainement des élections au Royaume-Uni pour élire les représentants du prochain Parlement européen. Pour Bruxelles, l’idée d’une longue prolongation n’est pas très séduisante, même si Donald Tusk, président du Conseil, a demandé au Parlement européen d'envisager cette possibilité.

L’UE ne veut pas que l’Europe fasse preuve de compréhension

L'accord sur le Brexit, ainsi rejeté par le Parlement britannique, n'est pas négociable pour l'UE, même à long terme, et la seule chose qui pourrait être touchée est la déclaration politique. Toutefois, si l'UE doit choisir entre un Brexit sans accord et une longue prolongation, il est certain que les dirigeants européens choisissent la prolongation. Pour des raisons stratégiques et et de géopolitique, il serait désastreux de laisser le Royaume-Uni s'effondrer. Tous les responsables européens souhaitent empêcher le Brexit de continuer à geler l'agenda européen sur toutes les autres questions. Emmanuel Macron en particulier aimerait que la période calamiteuse, qu'il connait actuellement avec le Brexit et les gilets jaunes, cesse le plus vite possible car son agenda politique est figé depuis bientôt six mois.

L'UE est déjà prêt pour le sommet du 10 avril en restant dans l'attente d'une demande précise de prolongation ou d'une communication indiquant que le Royaume-Uni préfère partir sans accord. L'UE exige que cette demande, contrairement à ce qui s'est passé avant le dernier Conseil européen, ne peut avoir lieu "la nuit précédant le sommet", et soit faite au tout début du mois d'avril.

Bruxelles estime avoir déjà cédé suffisamment

Ce système a été voulu avec comme seul objectif de mette tout le poids de la responsabilité sur Londres. L’UE ne veut pas que l’Europe fasse preuve de compréhension et encore moins de compassion envers le Royaume-Uni. La stratégie volontairement hostile des principaux dirigeants européens, en premier lieu Merkel et Macron, envers ceux qui ont osé quitter l'UE, est révélateur de la logique de l'UE qui se conduit comme se conduisait l'URSS, les chars en moins.

Bruxelles estime avoir déjà cédé suffisamment et avoir déjà déployé tous les efforts dont elle disposait pour aider Theresa May dans sa tâche difficile. Mais cette fois-ci, ce qui est recherché, c’est que tout le poids soit sur les épaules des Anglais. Downing Street ne recevra le feu vert de l'UE pour une longue prolongation que si cela est justifié et comporte des modifications qui indiquent une nouvelle dynamique.

C'est cette frontière impossible, entre les deux Irlande, qui a transformé le plan de Theresa May en utopie. Le "filet de sécurité" irlandais, la "protection" controversée pour éviter une frontière physique, a fini par bouleversé son programme. L'un des principes consacrés est qu'il n'y ait pas de frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande devraient redevenir une frontière physique. Mais dans l’accord conclu en décembre 2017, le Royaume-Uni et l’UE promettent de tout faire pour éviter le rétablissement de contrôles le long de la frontière entre les deux pays.

L'UE part de l'idée que le non-accord ne sera que temporaire. Si le Royaume-Uni quitte Bruxelles sans aucun lien avec l'Union, l'UE suppose qu'il faudra du temps avant que Londres ne revienne pour négocier avec le bloc de l'UE un accord visant à rétablir les ponts que l'accord du Brexit a étayés et garantis.

Bruxelles estime également que le Royaume-Uni devra payer environ 39 milliards de livres, qu'elle soit ou non accompagnée d'un accord avec l'Union européenne. Ce sera un autre cheval de bataille si ce scénario se concrétise enfin. Alors que dans le cadre du Conseil européen, il n’est pas fait mention de la possibilité d’un Brexit sans un accord, la Commission européenne le considère comme le scénario le plus probable.

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