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Gestion des risques naturels : encore un secteur en faillite

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De gigantesques trombes d'eau s’abattent de plus en plus souvent quelque part sur des territoires de la France métropolitaine ou d’Outre-Mer. Un signal, parmi d'autres, qui montre que le changement climatique naturel et/ou créé par l’Homme est une réalité à considérer plus sérieusement.

Les états, les régions, les communes doivent renforcer leurs capacités de résistance aux excès et aux dégâts dus aux phénomènes climatiques. En Autriche 15.000 scientifiques représentant 107 pays ont participé en avril 2017, à Vienne, au congrès annuel des géosciences. Les scientifiques du domaine ont partagé leurs plus récentes données les et, une fois de plus, tiré le signal d'alarme. Les perspectives concernant les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont été sujets à débats. Il a été rappelé par les scientifiques que toutes les villes européennes verront les canicules s'accentuer et que la vulnérabilité des zones habitées sera plus grande.

La chaleur  représente une menace. Les inondations plus fréquentes sont à attendre et demeurent la principale menace pour les pays de l'Union européenne. Les tempêtes seront plus sévères. A Paris, le risque principal est une nouvelle crue centennale, semblable à celle de 1910. D'après l'OCDE, elle nous coûterait 100 milliards d'euros, 400.000 emplois et il faudra 5 à 10 ans pour reconstruire le métro. 

Plus les villes seront peuplées, plus les risques seront pesants. La croissance démographique dans les ville est continue. D'ici 2050, 80% des habitants des pays développés vivront en ville, 60% dans les pays émergents. Ce qui équivaut à un million de citadins supplémentaires par semaine sur les 40 ans à venir chiffrent les chercheurs. Concentrées sur une petite portion du territoire, les villes consomment déjà 80% de l'énergie et génèrent plus de 60% des gaz à effet de serre.

Et c’est sur écrans que nous voyons la réalité concrète des catastrophes comme dans le département de l’Aude. Météo France n'a pas alerté à temps en passant en vigilance rouge surpris par la rapidité et la puissance de la tempête lundi matin à 6h. Des pluies diluviennes s'abattaient déjà depuis 3h du matin. Les météorologues parlent d'une situation rarissime et soulignent que le ministère de l'Intérieur et de la sécurité civile étaient informé d'un épisode inquiétant dès vendredi. La mort d'au moins onze personnes est à déplorer. La vigilance rouge a été déclenchée trop tard.

En 2017, l'Hexagone a connu 78 vigilances orange dont 47 pour orages, 10 pour pluies-inondations et 2 inondations seules. Il y a eu seulement deux vigilances rouges, pour vents violents, en janvier et février. Cette année 2018 a déjà connu plusieurs vigilances rouges, dont en janvier pour inondation dans le Doubs et le Jura, et la toute première pour avalanche dans les Alpes.

La quasi-totalité des communes françaises vit aujourd'hui sous la menace d'un risque naturel ou technologique majeur. Pourtant, certains manquements laissent craindre que se reproduisent d'autres catastrophes d'ampleur et d'autres procès Xynthia, qui a vu le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée) être condamné, après la mort de 29 personnes lors de la tempête de 2010,  pour ne pas avoir respecté ses obligations en matière d'urbanisme et de prévention des risques. 

Jusque dans les années 1980, la gestion des risques naturels et technologiques avait pour principal objectif l'organisation des secours après la catastrophe. Mais, depuis une trentaine d'années, la prévention du risque est devenue la règle. Entre 1995 et 2004, trois lois successives ont créé des outils permettant aux préfectures et aux communes de s'armer contre les catastrophes ou d'en limiter les conséquences.

Les retards et les manquements aux obligations en matière de gestion du risque sont des phénomènes connus des pouvoirs publics. En dix ans, les textes, les instances de concertation et les dispositifs d'action se sont multipliés. Mais l'Etat reste lucide sur la difficulté d'atteindre une protection optimale contre le risque.

Le travail de sensibilisation pourrait également être utile. Pour faire face aux catastrophes, ce n'est donc pas de documents réglementaires à jour dont la France a réellement besoin, mais d'un nouveau sens des priorités politiques. La réalité, c'est que l'Etat n'a plus les moyens de financer sa 

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