Changement climatique : les vagues de chaleur se font plus régulières

Ces derniers jours, dans certaines régions de France métropolitaine, les températures ont dépassée à certains endroits les 42°C. Est-ce que le temps devient fou, ce que pourrait faire croire cette période de canicule, ou est-ce que nous éprouvons tout simplement les signes d'un changement climatique ?

Le mois de juin a créé de nouveaux records de chaleur dans toute l'Europe et un nouveau record de chaleur avec près de 46°C a été enregistré en France. Avec cet épisode caniculaire, le changement climatique semble révéler une modification du climat. L'effondrement de l’anticyclone des Açores est dû à la persistance et à la puissance de deux dépressions, celle située au large des îles britanniques et celle située en Europe de l’Est. Alors chacun, à sa manière, essaie de lutter contre ces vagues de chaleur en utilisant tous les moyens possibles de rafraîchissement, la plage, la piscine, les brumisateurs, climatiseurs, etc. Ce mois de juin a été le plus chaud connu et la plupart des régions sont maintenant menacées par la sécheresse qui sévit en ce mois de juillet 2019. D'autant que les pluies ont été insuffisantes particulièrement à Paris mais aussi dans presque toutes les régions rurales du nord et du centre de la métropole. En juin, dans la moitié nord de la France, la couche supérieure du sol était complètement sèche à une profondeur de 25 centimètres. L'eau disponible pour les plantes était inférieure à 20%, parfois même inférieure à 10%. Déjà, les niveaux d’eau de la Loire sont si bas qu’il a fallu arrêter la navigation. 

Les températures constatées en Sibérie sont de 10°C supérieures à la moyenne normale d'un mois de juin habituel

Ailleurs la période caniculaire a été la cause d'incendies sur des milliers de kilomètres carrés de tourbe qui se consument depuis des semaines dans des régions isolées de la Sibérie et de l’Amérique du Nord. Depuis début juin, le système européen d'observation de la Terre Copernicus observe les feux de forêt intensifs sur le cercle polaire. Selon l'Office météorologique mondial (OMM), 50 mégatonnes de dioxyde de carbone ont été émises au mois de juin uniquement. Cela correspond aux émissions annuelles de dioxyde de carbone d'un pays industrialisé comme la Suède ou à la quantité de dioxyde de carbone émise par les incendies dans les régions du pôle Nord en juin 2010-2018. La crise climatique avec ses incendies de forêts dans l'Arctique sont également à déplorer.

Les feux d’été qui sont un phénomène naturel au cercle polaire arctique apparaissent, cette année, plus tôt et plus étendues que d’habitude en raison de la vague de chaleur en cours. Dans la seule Alaska, où les températures ont atteint 32°C, plus de 400 incendies de forêt ont été enregistrés. Dans la province canadienne de l'Alberta, une zone de 300 000 terrains de football était en flammes.

Les températures constatées en Sibérie sont de 10°C supérieures à la moyenne normale d'un mois de juin habituel. Des plantes de plus en plus hautes se développent dans les immenses territoires de la toundra qui se réchauffe d'année en année, fournissant une occasion supplémentaire d'incendies qui participent au changement climatique. Ainsi, la surface du sol carbonisée et recouverte de suie absorbe encore plus de lumière solaire, ce qui accélère d'autant le réchauffement climatique. Les conséquences sont particulièrement dangereuses car les sols de pergélisol dégèlent sous la couche de tourbe, et un risque que le méthane stocké pendant des millénaires, soit rejeté dans l'atmosphère, ce qui serait encore une nouvelle source de dégradation du climat.

En Amérique latine, le changement climatique tend à être plus modéré 

Les cinq étés les plus chauds en Europe depuis que les données sont répertoriées ont eu lieu en 2002, 2003, 2010, 2016 et 2018. Les vagues de chaleur ont toujours eu lieu dans le passé, mais la probabilité de leur apparition est chaque année un peu plus plus grande en raison du changement climatique. Et l'un de ses symptômes est l'augmentation de la fréquence, de l'intensité et de la durée des vagues de chaleur. Dans des études sur d'autres vagues de chaleur catastrophiques, telles que les canicules de 2003, 2010, ou plus récemment de 2017, ont conclu que les activités humaines avaient certainement doublé la probabilité d'occurrence de ces vagues de chaleur.

En Amérique latine, le changement climatique tend à être plus modéré. C'est dû à une continentalité plus grande, l'influence maritime étant forte. Cependant dans certains pays d’Amérique latine les saisons ne sont plus si aussi différenciées qu'auparavant et il n’y a plus vraiment de saisons intermédiaires. Ces dernières années, il y a eu une augmentation thermique plus marquée au printemps et en été, surtout en Argentine, et moins perceptible en automne-hiver, de sorte que cela donne l'impression de passer du chaud au froid et inversement plus fréquemment. Les pluies ont augmenté au printemps et en été et ont diminué en hiver.

Une augmentation d’un degré des températures est déjà préjudiciable à la physiologie humaine, en particulier dans les lieux habitués aux températures déjà élevées. Nous devons dores et déjà nous adapter aux nouvelles conditions climatique, changer notre façon de vivre, de travailler, de nous habiller, de voyager. Nous devrons changer nos habitudes et sans doute nous familiariser avec des épisodes climatiques exceptionnels.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.
  Pour pouvoir consulter les commentaires de cet article, veuillez vous connecter.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous, c'est simple et gratuit !

PARTENARIAT

No Internet Connection