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Le Medef veut encore plus de bénéfices

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{Play}Alors que 133 débats publics viennent de marquer la fin de la période des grands débats, le Medef a présenté ses préconisations à base de baisse d'impôts pour les ménages et les entreprises. L'organisation patronale souhaite également plus de décentralisation.

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Afin de contribuer aux réponses aux questions soulevées par la crise des Gilets jaunes, le Medef a adressé au gouvernement, ce mardi 12 mars, une lettre dans laquelle il recommande une baisse d'impôts généralisée. Le président du syndicat patronal, Geoffroy Roux de Bézieux, a convié la presse pour lui présenter la synthèse du message en apport au grand débat national.

En France, les entreprises paient trop d’impôts par rapport à beaucoup d'autre pays. "On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts", a avancé le président des patrons. Il considère que pour répondre aux attentes des Français, il est nécessaire de proposer un choc fiscal. Il ajoute pour bien marteler son opinion :

"Et comme les entreprises ce sont aussi des ménages, c’est-à-dire des salariés, il convient d’alléger à nouveau leur fiscalité, à égalité cependant avec celle des particuliers."

Trop d’impôts tuent l’impôt

Pour ceux qui l'auraient oublié, Geoffroy Roux de Bézieux a rappelé que la France détenait un record mondial en ce qui concerne les prélèvements obligatoires. Il est vrai que les 48,2% du PIB, tout près de 50%, ne seront pas atteint avant longtemps par un outsider. Même les Suédois ont jeté l'éponge incapables de suivre l'allure imposée par les Français. Geoffroy Roux de Bézieux est persuadé qu'il faut maintenant baisser la voilure et réduire de deux points cette trop forte pression fiscale, avant que le mat ne casse. 23 milliards d’euros de baisse d'impôts pour les sociétés et autant pour les salariés amélioreront le pouvoir d’achat des ménages.

Cette forte baisse de prélèvement sera financé par les économies générées par une réforme des retraites qui est indispensable, et par une plus grande efficacité des services public. Pour le Medef, c’est bien à l’Etat de trouver des économies. La facture de ce plan pourrait être moins élevée que prévue. "Trop d’impôts tuent l’impôt", a précisé le président du Medef, citant l’exemple de la Grande-Bretagne où, selon lui, une baisse d’impôts aurait même, par le passé, réussit au point de générer une hausse des recettes pour l'Etat.

Et à ceux qui s’inquiéteraient que les entreprises, déjà très favorisées par rapport aux ménages ces dernières années dans les arbitrages budgétaires, bénéficient au final de la colère des ronds-points, la réponse était toute trouvée :

"Ce n’est pas parce que l’on a commencé un rééquilibrage en faveur de la politique de l’offre ces dernières années que cela va annuler des décennies de soutien budgétaire aux ménages et la demande. Et puis, à quoi cela servirait-il de tout miser sur le pouvoir d’achat et un effet conso un peu immédiat si l’on ne se préoccupe pas dans le même temps de continuer à améliorer la compétitivité de l’outil productif ? Si par ses mesures, le gouvernement permet aux gens d’acheter sur Amazon plus d’écrans plats produits en Corée du Sud, je ne suis pas certain que cela va améliorer durablement le sort de l’économie française."

Le Medef croit ou fait mine de croire qu'un fort coup de pouce sur le pouvoir d'achat grâce aux baisses d’impôts permettra de relancer l’économie et par voie de conséquence de dégager un point de PIB supplémentaire. Pour le patronat, il faut investir dans la formation, dans les infrastructures et dans des mesures en faveur de la transition écologique.

A contrario de tout ce qu'il défendait auparavant, le représentant des patrons propose de revenir à plus de décentralisation. Ayant ouvert les yeux sur les déserts ruraux, le "besoin de décision de proximité" a refait surface à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes. Se basant sur une étude de l’OCDE selon laquelle "plus un pays est décentralisé, plus il crée de la richesse", les patrons préconisent un recentrage de l’Etat sur ses fonctions régaliennes.

Geoffroy Roux de Bezieux se méfie de "la tentation colberto-nationaliste" française

Il est exact que le Medef a toujours refusé de se soumettre aux demandes des régions pour freiner à la désertification des zones rurales, craignant des coûts et des impôts supplémentaires. Son revirement explique sa proposition de supprimer la cotisation foncière des entreprises (CFE) qui pourrait être "remplacé par un impôt national équivalent". En gros, une nouvelle usine à gaz pour remplacer un mauvais impôt par un autre aussi mauvais.

Autre décentralisation souhaitable selon le Medef, celle des politiques de l’emploi et du pilotage de Pôle emploi dont "la politique 100% nationale n’est pas adaptée aujourd'hui" en raison des fortes disparités économiques des territoires. Geoffroy Roux de Bezieux se méfie de "la tentation colberto-nationaliste" française, qu’il voit toujours à l’œuvre à travers la création de nouvelles agences publiques comme "France compétences" et "France santé au travail".

43 propositions articulées autour de "sept impératifs" constituent la trame du document remis au Président Macron. Il s'agit pour le Medef de réparer "l’ascenseur social, de recoller les morceaux d’une France fragmentée et refaire du service public un vrai service public". Pour le Medef, réparer la France doit commencer par alléger le poids de l'Etat et de son administration, une spécificité français qui coûterait 3 à 4% de PIB annuel à la France, soit 60 à 80 milliards d’euros.

Ce qui semble incroyable, c'est le fait que la situation financière, économique et sociale de la France est dans un état pitoyable et a pris racine lors de la première guerre d’Irak en 1990-1991. Depuis, l'aggravation n'a jamais cessé et s'est amplifiée avec la mise en place de l'Euro le 1er janvier 2002.

Les Présidents et les gouvernements successifs ont tous montré leur incapacité à redresser la France en raison de leur idéologie et de leur sectarisme devant les réalités visibles et les échecs indiscutables dus à la politique mondialiste et européenne suivie aveuglément. Les dirigeants français ne raisonnent plus, ils exécutent des directives.

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