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En Europe, l'industrie automobile joue son avenir

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La société Ford Motor Company a annoncé qu’elle mettrait à pied 12 000 travailleurs et fermerait cinq usines en Europe d’ici 2020, équivalent à une réduction de 20% de ses effectifs sur le continent européen. General Motors a annoncé 14 000 licenciements, Volkswagen 7000, Jaguar 4500 et Tesla 3000.

Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’une restructuration mondiale. En janvier, Ford avait annoncé que l'entreprise automobile réduirait fortement ses effectifs en supprimant 12 000 postes sur les 51 000 actuellement pourvus pour l'ensemble des pays européens. Lors des derniers mois écoulés, la société a étudié, avec les syndicats et les gouvernements des pays concernés par ce plan de licenciement, les moyens d'atténuer les conséquences sociales et de permettre des reclassements possibles. La société devrait fermer l'usine de Blanquefort près de Bordeaux et détruire ainsi environ 800 emplois. Il est également prévu de fermer l’usine de montage de Bridgend au Pays de Galles ce qui conduira à la perte de 1.700 emplois. En Russie, trois usines seront également fermées, les usines de Naberezhnye Chelny, de St Petersburg et de Elabuga qui ensemble détruit 2.000 emplois.

Des conséquences désastreuses pour des milliers de salariés

Ford a décidé de mettre fin à la production des véhicules de tourisme, C-Max, dans son usine de montage de Saarlouis en Allemagne, mettant au chômage 5.000 travailleurs à Saarlouis et à Cologne. Un certain flou existe encore pour l'usine de Valence, en Espagne et l’usine de transmission de Kechnec en Slovaquie. Ces mesures auront des conséquences désastreuses pour des milliers de salariés mais ont pourtant immédiatement déclenché une hausse de près de trois pour cent du cours des actions Ford. Le Wall Street Journal, la voix de la finance américaine, a noté que le plan de redressement de Ford devrait vite commencer à porter ses fruits.

Les boursiers s’attendent à ce que des milliards de dollars supplémentaires soient versés directement à l’élite financière et patronale sous forme de dividendes. Au cours des cinq dernières années, Ford a versé en moyenne 2,79 milliards de dollars par année en dividendes, ce qui équivaut à environ 14.000 de dollars pour chacun des 200.000 travailleurs de Ford dans le monde. Les cinq principaux actionnaires institutionnels, tous des fonds de pensions, recevront à eux seuls environ 600 millions de dollars cette année, ce qui correspondrait à une augmentation immédiate de 3.000 dollars pour chaque salarié de Ford.

Une remise en cause de tous les constructeurs automobiles à l’échelle planétaire

Depuis plus d'un an Ford a décidé de revoir son domaine industrielle en rabotant les branches les moins rentables. La société a annoncé, par exemple, la suppression de 7.000 suppressions d’emplois de cadres, de techniciens et d'ingénieurs sur le territoire américain, ce qui correspond à dix pour cent de son effectif salarié mondial. Au moment où les cols blancs sont mis à la porte de leur bureaux, les analystes financiers de Wall Street ont considéré que Ford devra supprimer 23.000 emplois salariés supplémentaires si la société veut atteindre son objectif de réduction des coûts. Dans l'immédiat l’entreprise a réduit le nombre de travailleurs intérimaires et à diminuer les heures travaillées et payées de 25% dans l’usine de montage de Flat Rock dans la banlieue de Detroit.

La restructuration du groupe Ford s’inscrit dans le cadre d’une remise en cause de tous les constructeurs automobiles à l’échelle planétaire, en réaction à la baisse mondiale des ventes, et plus particulièrement en Chine. La destruction des moyens de production traditionnels est aussi la conséquence de l'émergence de nouvelles technologies à forte intensité de recherche et d'investissement capitalistique, plus spécifiquement pour permettre la production de véhicules électriques. Ainsi, General Motors a annoncé 14 000 licenciements, Volkswagen 7000, Jaguar 4500 et Tesla 3000. Cette offensive, cependant, se déroule dans un contexte de recrudescence de la lutte ouvrière, de grèves et de protestations à l’échelle internationale et de résistance et d’opposition croissantes parmi les travailleurs de l’automobile.

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