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Sur la route de la nouvelle crise financière

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Tous les experts en économie prétendent que la finance mondiale est plus solide qu'il y a une dizaine d’année. Pourtant personne ne s’aventure à suggérer comment les montagnes de milliards de dettes accumulées depuis la crise de 2008 se comporteront au coup de vent du à une hausse soudaine des taux d'intérêt.

Cette hypothèse d’une tempête monétaire est plus en plus vraisemblable, même si pour l'instant, tout semble aller à peu près bien. La planète finance respire presque normalement. Mais quelques petits craquements se font entendre ici ou là, par exemple du côté de la Turquie et de l'Argentine. La Réserve fédérale des Etats-Unis remonte actuellement ses taux d'intérêt ce qui entraîne les investisseurs à se tourner à nouveau vers l'Amérique et à liquider  leurs positions dans les pays qu’ils considèrent plus fragiles en raison de contextes politiques ou économiques défavorables. Dans l’ensemble rien de vraiment inquiétant ne menace l’édifice financier comme ce fut le cas il y a dix ans.

Mais on peut entendre, sur le marché obligataire à quelques bruissements qui font tendre l’oreille des boursicoteurs. Aux Etats-Unis, le taux d'intérêt sur les obligations à dix ans a dépassé 3 % en septembre et progresse encore. L'économie américaine est arrivée à un niveau tel que le gouvernail de la finance comme à vibrer. On commence à voir des investisseurs prendre leurs précautions.

Le système a été consolidé depuis la panique engendrée par la faillite de la banque Lehman Brothers. Les grandes banques mondiales ont plus de réserves. Les banques centrales ont mis en place de nouveaux outils et elles n'hésiteront pas à les employer si nécessaires. Les autorités de surveillance suivent de très près les indicateurs du crédit et évaluent en permanence les risques de contagion en permanence.

La prochaine grande crise qui pourrait, cette fois-ci, être le point culminant de la mondialisation 

Cependant rien n'est vraiment définitivement réglé. Personne ne maîtrise les effets du système financier au moment où il aura enfin trouvé une vitesse de croisière normale. Pour être plus précis,  le moment où les taux d'intérêt retrouveront un niveau plus proche de leur moyenne de long terme, compte tenu de la croissance et de l'inflation. Le risque principal reste le resserrement soudain et brutal des conditions financières.

Avec un tel étranglement, il parait évident que l'énorme dette accumulée ces dernières années deviendrait un facteur de dérèglement insoutenable. La plupart des pays émergents seraient fortement secoués et pourraient  plongés dans une tourmente politiquement très dangereuse. Les prêts consentis avec une grande légèreté depuis quelques années pourraient ne pas être remboursés.

Le monde de la finance partie se réfugier révélerait peut-être des dangers systémiques catastrophiques et pour l’instant méconnus. Le monde marche sur un terreau idéal pour un étranglement financier soudain et brutal. Les tensions de ces derniers mois ne sont peut-être que les petits feuilletés servis à l'apéritif de la prochaine grande crise qui pourrait, cette fois-ci, être le point culminant de la mondialisation. 

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