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Le monde se noie dans les dettes et l'euro nous étouffe

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{Play}Selon une analyse de l'Institute of International Finance, les dettes du monde atteindraient le montant astronomique de 244 000 milliards de dollars, soit plus de trois fois la taille de l'économie mondiale.

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Les données de la Banque mondiale sur l’insuffisance du développement de la zone euro montrent clairement que l'euro freine sérieusement l'économie des pays qui l’utilise en créant des inégalités sociales, enrichit certaines grandes nations comme l'Allemagne, et en appauvrit d'autres comme la France.

La corde se resserre. La crise française pourrait facilement arriver

L’euro a défavorisé les citoyens français pour remplir les poches des citoyens allemands. En ce début 2019 une nouvelle récession économique s’installe un peu partout dans le monde. La France commence déjà à en ressentir les effets. Le problème est que la Banque centrale européenne ne peut pas subventionner les États et fournit de l'argent uniquement aux banques commerciales qui n'ont aucun intérêt à accorder du crédit à une économie déprimée.

En revanche, les opérateurs financiers se paient sur les dettes publiques et exigent des taux d’intérêt substantiels pour prêter de l’argent aux États. Les pays de la zone euro ne trouvent pas les ressources nécessaires pour réaliser les investissements indispensables à la relance de l'économie. En outre, l'Union européenne impose à tous ses membres de nouvelles restrictions aux budget publics. La corde se resserre. La crise française pourrait facilement arriver.

Dans ce contexte de crise annoncée, il appartient aux dirigeants politiques de prendre de nouvelles initiatives pour défendre et relancer l'économie nationale. Une façon concrète de donner de l'oxygène monétaire et fiscal à notre pays est que le gouvernement émette de toute urgence des obligations quasi monétaires complémentaires à l'euro. Tout en restant dans la zone euro, les titres à réduction fiscale en faveur des familles, des entreprises et des organismes publics pourraient légitimement, et sans enfreindre aucune règle européenne, soutenir l'euro et neutraliser les effets déflationnistes de la monnaie unique. 

La zone euro et la France entrent à nouveau dans une phase de stagnation, voire pire de récession. La faiblesse de l’économie de la zone euro est due à l’architecture déflationniste de la monnaie unique et à la croissance anormale de la dette mondiale hors de la zone euro. Pratiquement toutes les grandes économies du monde, à commencer par les États-Unis, la Chine et le Japon, sont freinées par le fardeau croissant des dettes, qui ont atteint des niveaux franchement fous et devenus insoutenables. Le Fonds monétaire international (FMI) établit la dette mondiale à 184 000 milliards de dollars, soit 225% du PIB mondial.

Les gagnants de l'endettement croissant sont les grandes banques

La dette publique de l'ensemble des pays de la zone euro est plus soutenable, car elle ne représente que 87% du PIB des pays de la zone euro, grâce en particulier aux pays du nord de l'Europe. Le véritable problème se trouve, avant tout, être du au niveau atteint par la dette privée, en particulier en dehors de la zone euro. Les dettes des pays de la zone euro diminuent rapidement, tombant jusqu'à 60% du PIB total. Le gouvernement allemand veut imposer des coupes sauvages dans les dépenses publiques et entame une privatisation du système de protection sociale universaliste qui est un facteur caractéristique de la civilisation et la société européenne.

La dette colossale qui pèse sur l’économie mondiale découle essentiellement d’une économie en crise du capitalisme financier et de la spéculation, bouleversée par des titres dérivés et des titres toxiques, les formes de dette les plus fallacieuses et les plus dangereuses, qui ont continué à proliférer sans limite et sans réglementation, malgré l'expérience de la crise spéculative de 2008. La finance capitaliste n'a pas réussi à se réformer et s'approche d'une nouvelle crise financière grave. Les gagnants de l'endettement croissant sont les grandes banques d’investissement, puis les institutions financières telles que les fonds d’investissement, les fonds spéculatifs, bref les "propriétaires de la monnaie".

L'euro est certainement plus fragile que le dollar, le yen et le yuan, le franc suisse

L'augmentation des dettes conduira par provoquer une nouvelle crise dévastatrice dans la zone euro et ailleurs. Il ne fait aucun doute que la zone euro est le pot en terre parmi ceux en fer. En effet, l'euro est certainement plus fragile que le dollar, le yen et le yuan, le franc suisse. La crise de l'euro se poursuit et la France est le point faible de la zone euro. Du moins jusqu'à ce que les mouvements recouvrent leur autonomie et ne subissent plus passivement toutes les obligations de l'euro.

Les réserves liquides des banques sont pleines mais les états manquent d'argent. La politique de la zone euro impose d'augmenter les impôts et de réduire les dépenses publiques pour rembourser les dettes publiques le plus rapidement possible. Mais l'austérité tue l'économie déjà touchée par la crise. Le traité de Maastricht et le pacte budgétaire imposent le suicide en étranglant les pays débiteurs en faveur des créanciers. Le dogme dicté par l'UE est le remboursement immédiat des dettes par l'austérité.

Au lieu de cela, si les États de la zone euro tentent de mettre en œuvre des manœuvres expansives, les marchés augmentent le prix de leurs prêts à des niveaux difficilement soutenables. Ainsi, les États les plus faibles sont obligés de payer des intérêts plus élevés et les dettes montent en flèche. Pour sortir du tunnel de la dette, les États devraient revitaliser leurs économies, développer leurs activités productives et leurs revenus, créer des emplois en mettant de l'argent neuf en circulation. Si le PIB augmente, il est facile de rembourser les dettes. Mais les États manquent d’argent pour lancer les investissements publics indispensables pour relancer l’économie. Ainsi, la corde se resserre.

L'argent est la substance nourricière de l'économie. Mais c’est précisément la monnaie qui ne tourne pas dans l’économie française. La monnaie est gelée dans les réserves bancaires. Même la Banque centrale européenne de Mario Draghi ne peut presque rien faire pour injecter de l'argent dans l'économie. C'est pourquoi les États de la zone euro devraient intervenir de manière autonome avec des mesures alternatives. La demande est insuffisante et, si la demande est insuffisante, l'activité de production est étanche et le chômage et la pauvreté se répandent. Ce n’est pas un hasard si l’économie de la zone euro est à nouveau au bord de la récession. Et une fois encore, la BCE est appelée à fournir de l'argent pour tenter de sauver une économie étouffée par le manque de liquidités.

Sans demande et sans croissance de la production, la dette publique française augmentera

Le problème, cependant, est que la Banque centrale européenne ne peut que remédier temporairement aux failles qui ne cessent de se creuser. En outre, parce que, malgré ce que les grands médias écrivent, de bonne ou de mauvaise foi, la BCE ne donne pas et ne peut pas offrir directement de liquidités à l'économie réelle, mais elle ne peut que gonfler les réserves des banques. L'activité de la BCE améliore simplement les ratios de fonds propres de la banque. Mais les réserves sont un système fermé et ne peuvent pas être liées au crédit. Ce n’est pas un hasard si les réserves bancaires déposées auprès de la BCE gonflent de manière excessive, pour s’élever à environ 1900 milliards d’euros, mais dans la zone euro, le crédit augmente de manière insuffisante et sans égalité. Les valeurs financières, et les bulles financières augmentent, mais les crédits accordés à l'économie réelle n'augmentent pas.

Les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, sont déjà endettées et ne voient pas de perspectives positives. Par conséquent, elles ne veulent plus emprunter pour investir dans l'avenir. Les familles hésitent également à contracter de nouvelles dettes lorsque le revenu diminue et que le chômage et la précarité de l'emploi augmentent. 

Sans demande et sans croissance de la production, la dette publique française augmentera. Par conséquent, il existe un risque très réel que l’écart continue à augmenter et que l’Union européenne nous demande une austérité de plus en plus sévère. Des augmentations d’impôt - TVA CSG IR - et des coupes sombres dans les dépenses publiques sont probables. Emmanuel Macron n'aura pas une vie facile.

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