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La mondialisation et la fin de l'État providence ont renforcé la précarité des jeunes

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Depuis la libéralisation des mœurs des années 1970, l'ouverture à la mondialisation des années 1980 et puis l'imposition de l'euro au début des années 2000, les dirigeants français ont peu à peu abandonné les jeunes, délaissés et livrés à eux-mêmes sans possibilité de construire leur avenir convenablement.

En septembre 2018, un rapport de l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC), qui réunit des accompagnateurs bénévoles à travers toute la France, a alerté sur l’état de santé des demandeurs d’emploi. D'après les données publiées, chaque année, 10 000 à 14 000 décès seraient imputables au chômage en France.

C'est sans nul doute l'un des constats les plus inquiétants qui s'applique à la société française et même occidentale. Il est regrettable qu'aujourd'hui des individus, notamment des jeunes de moins de 30 ans, ne supportant plus leurs mois ou années de chômage que la société leur fait subir, finissent par se suicider. Bien sûr ce choix individuel extrême renferme certainement d'autres motifs que le chômage, mais il serait insensé de nier les racines sociales qui ont conduit à une telle tragédie.

Dans la société libérale contemporaine, les cas de suicides sont devenus le lot habituel chez les policiers, les agricultures, les salariés mis au chômage pour y rester un temps parfois fatal. Le lien qui unit le choix désespéré d'un individu à une situation précaire qui lui devient insupportable est évident. Les responsabilités à l’origine de cette situation dramatique sont nombreuses et concernent aujourd'hui près de 40% des jeunes sans travail ou en activité précaire, sans sécurité sociale et parfois sans logis et sans moyen de transport. La première responsabilité est celle des gouvernements successifs, composées de ministres dont les politiques malheureuses n'ont fait qu'amplifier ce qu'il serait juste d'appeler un désastre. Les ministres, en particulier ceux qui ont, à dessin, détruit le système éducatif afin d'éliminer tout esprit critique des jeunes générations et de les transformer en une armée d'exécutants, sont les premiers à incriminer.

Toute annonce de licenciement d'une société cotée fait monter sa cote boursière

L'Union européenne et l'Allemagne dominatrice, dont les politiques économiques ne créent d'emplois pour les jeunes que chez elle, sont également une des raisons de la précarité grandissante. Les fanatiques du libéralisme radical, une doctrine pernicieuse, est aussi à l'origine des inégalités croissantes et de la destruction de toute culture et structure d’intervention publique. Tout ceux qui ne font pas partie de la minorité restreinte d'individus détenteurs de la richesse nationale ou internationale sont généralement présentés comme des coûts à supporter nuisibles au monde de la finance. Toute annonce de licenciement d'une société cotée fait monter sa cote boursière.

Le mondialisme étendu, avec ses systèmes induits, politique, économique et social, a non seulement détruit la planète mais aussi privé d'avenir de plus en plus de jeunes, peut-être deux milliards à travers le globe. Fuyant des pays détruits depuis longtemps par un tel système, beaucoup d’entre eux essaient de rejoindre l'Occident qu'ils croient, à leur tour, être le paradis où ils auront un meilleur destin.

La réalité est encore plus cruelle. Ils se retrouvent dans des conditions de véritable esclavage ou dans les mailles des économies criminelles. D'autres poursuivront leur existence misérable en raison de l'insécurité sociale, incapable de construire un avenir, de fonder une famille, d'avoir des enfants, d'être en mesure de concevoir et de vivre une existence digne. Nous sommes pourtant au XXIe siècle et nous envisageons d'aller bientôt sur Mars.

Baisse drastique de la dépense publique (100 milliards d'euros par an sur 20 ans)

La démolition de l'État providence, qui était entrepreneur et régulateur de l'économie, prive les États mais pas l'Union européenne de toute possibilité de promulguer des politiques publiques nécessaires à une bonne gestion des nations. L'automatisation des processus de production qui supprime les emplois et ne profite qu'au capital, et l'énorme renforcement de ce capital, notamment financier, au détriment du travail, de plus en plus maltraité et humilié, est le signe d'un dérèglement qui finira par conduire le monde dans les abysses.

Une réponse possible serait, associée à un plan de baisse drastique de la dette publique (100 milliards d'euros par an sur 20 ans) en parallèle d'une intervention publique pour la réalisation de très grand travaux d'utilité publique et productive (100 milliards d'euros par an sur 20 ans) dans toute une série de secteurs, de l'aménagement du territoire à la protection du patrimoine culturel, de la protection de l'environnement à la production artistique, en mettant fortement l'accent sur la relance dans tous ces secteurs de formation et de recherche ciblées, comme la robotique et l'intelligence artificielle. Ce choix inverserait la tendance à la précarité et constituerait un signe concret signifiant que l’avenir des jeunes est d’intérêt national. Investir plutôt que dépenser dépenser. 

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