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L'OCDE est claire, la crise économique est déjà là

{Play}L'économie mondiale se heurte à des obstacles de plus en plus sérieux. L’alerte de l’OCDE ne pourra pas éviter une baisse de l'activité supplémentaire et l'économie mondiale risque de connaître une nouvelle récession.

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La croissance mondiale est plombée par les tensions commerciales. Dans son dossier détaillé intitulé "Perspectives économiques intermédiaires" publié le 6 mars 2019 et destiné à tous les institutions économiques et médias du monde, l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) précise sans ambiguïté que les perspectives économiques sont maintenant plus faibles dans presque tous les pays du G20 par rapport aux prévisions précédentes. Les vulnérabilités découlant de la Chine, l'affaiblissement de l'économie européenne  associé à un ralentissement du commerce et de la production mondiale, l'incertitude politique et sur les marchés financiers, pourraient nuire à une croissance mondiale solide et durable à moyen terme.

Pour l'OCDE, l'expansion économique mondiale continue de ralentir, la croissance mondiale s'affaiblit encore pour s'établir très probablement à 3.3 % en 2019 et à 3.4 % en 2020, ce qui se traduira par une accentuation des risques à la baisse des activités industrielles et commerciales. Les prévisions de croissance viennent d'être révisées à la baisse dans la quasi-totalité des économies du Groupe des Vingt (G20). Les révisions de ces prévisions ont été importantes dans la zone euro, tant pour 2019 que pour 2020.

Il existe une forte incertitude liée aux actions publiques, de plus, la persistance de tensions commerciales et une érosion accrue de la confiance des entreprises comme des consommateurs, sont les facteurs aggravant qui contribuent et accentue le ralentissement économique. La déjà faible croissance du commerce mondial s'est nettement ralentie ses derniers mois. Les restrictions aux échanges instaurées en 2018 pèsent maintenant sur la croissance. Les achats diminuent en conséquence des niveaux de vie qui s'affaiblissent, en particulier pour les ménages à bas revenu. Les marchés du travail demeurent pour le moment plus ou moins stables, la croissance des salaires se redresse très lentement, mais l'inflation redémarre en France pour se situer à presque 2% pour 2018.

Ce qui inquiète les économistes, c'est la croissance en Chine qui devrait ralentir progressivement pour s'établir à 6 % en 2020, grâce à de nouvelles mesures budgétaires compensant l'atonie des échanges. La crainte d'une baisse plus marquée de l'économie chinoise entraînerait alors une dégradation des perspectives de croissance et d'évolution des échanges dans le monde entier.

En Europe, il reste la forte incertitude liée à l'action publique, notamment concernant l'économie italienne, allemande et française, et la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Une sortie désordonnée augmenterait nettement le coût du "Brexit" pour les économies européennes.

Les signes de pause dans la normalisation des politiques monétaires ont permis d'améliorer la situation des marchés de capitaux, dans les économies avancées mais aussi dans les économies des marchés émergents. Cependant, cela risque d’accentuer les vulnérabilités financières.

Il faudrait intensifier le dialogue multilatéral pour éviter de nouvelles restrictions aux échanges aux effets préjudiciables et exploiter les possibilités de poursuivre une libéralisation dont pourraient bénéficier toutes les économies. Selon l'OCDE, des mesures coordonnées en matière de politiques macroéconomiques et structurelles sont nécessaires dans la zone euro pour renforcer les incitations à investir et surmonter la double difficulté que représentent l'atonie de la demande à court terme et les perspectives de croissance faible à moyen terme. Des réformes structurelles ambitieuses sont nécessaires dans toutes les économies pour améliorer les niveaux de vie à moyen terme et les perspectives offertes à chacun. 

Les révisions à la baisse des prévisions économiques établies en novembre 2018 sont particulièrement importantes pour la zone euro, en particulier l'Allemagne et l'Italie, ainsi que pour le Royaume-Uni, le Canada et la Turquie. L'économie mondiale fait face à des obstacles de plus en plus sérieux. Un ralentissement plus marqué dans l'une des principales régions pourrait faire dérailler l'activité dans le monde entier, surtout s’il se déverse sur les marchés financiers. Les gouvernements devraient intensifier le dialogue multilatéral pour limiter les risques et coordonner les actions politiques afin d'éviter une récession supplémentaire.

Dans la zone euro, la croissance du PIB a fortement ralenti tout au long de l'année 2018 et devrait rester modeste, s'établissant à 1 % en 2019 et à 1.2 % en 2020. La production industrielle a été particulièrement faible. Le tassement de la demande extérieure et des facteurs ponctuels ont contribué au ralentissement l'année dernière, mais le fléchissement de la croissance des échanges intra-zone, la forte incertitude politique et la modération de la confiance laissent également entrevoir un ralentissement de la demande qui pourrait perdurer.

La croissance des salaires et l'orientation accommodante des politiques macroéconomiques soutiennent les dépenses des ménages, mais l'incertitude liée à l'action publique, l'affaiblissement de la demande extérieure et la dégradation de la confiance vont sans doute peser sur l'investissement. Malgré l'effet de relance qu'exercera l'assouplissement budgétaire cette année, les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse de manière particulièrement prononcée en Allemagne et en Italie, une révision plus marquée qu’en France compte tenu de la proportion relativement élevée de leur PIB que représentent leurs exportations.

Au Royaume-Uni, la croissance devrait rester faible et s'établir en deçà de 1% en 2019 comme en 2020, c'est le même pourcentage que celui de la France. Le dynamisme persistant du marché du travail continue d'étayer les dépenses des ménages, mais l'incertitude qui entoure toujours le Brexit et le ralentissement actuel de l'expansion économique dans la zone euro pèsent sur la confiance des entreprises, leurs investissements et leurs perspectives d'exportation.

En bref, des mois au mieux, ou des années au pire, de cauchemar sont en perspectives. 

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