Changer la langue

img cat economie mondiale

ARTICLE PREMIUM

L'économie italienne ralentit encore

PREMIUM

{Play}En 2018, l’économie italienne a enregistré une croissance de 0,9%, un net ralentissement par rapport à 2017 (+1,6%). Le risque de récession devient une hypothèse crédible et de plus en plus inquiétante.

{Play}

Le nouveau chiffre donnant la prévision de croissance de l'économie italienne est inférieur aux prévisions du gouvernement annoncées fin décembre, qui indiquait une augmentation de l'économie de 1% pour 2018. La dette publique italienne, qui a atteint 132,1% du PIB en 2018, représente un pourcentage à un niveau historique jamais atteint.

Sur la base de nouvelles estimations actualisées sur la performance de l’économie et sur la base des données de la banque centrale italienne, la dette publique pour l'ensemble de 2018 a augmenté de 53,2 milliards en termes absolus, pour atteindre 2 316,7 milliards. En 2018, le ratio déficit/PIB s'établissait à 2,1%, ce qui est une amélioration par rapport à 2,4% en 2017 qui fut également affecté par le sauvetage des banques en crise.

Un contexte de faible production

L'économie internationale a montré des signes évidents de décélération avec une plus grande hétérogénéité des développements entre pays. Parmi les facteurs de ralentissement figurent l'incertitude générée par le processus encore inachevé du Brexit et les effets des tensions persistantes sur les tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine. En Italie, la tendance récente dans le secteur manufacturier confirme la phase de difficulté à maintenir les niveaux de production. L'occupation est restée au niveau des mois précédents et le taux de chômage a affiché une légère baisse. Bien que le taux d'emploi soit revenu aux niveaux d'avant la crise, en particulier en raison de la forte augmentation du nombre d'emplois temporaires, le processus de réduction du chômage reste lent.

La réduction des prix des produits énergétiques a contribué au ralentissement de la forte inflation dans la zone euro. En décembre, l'indice du climat de confiance des consommateurs a marqué aussi un déclin. La confiance en l'avenir s'est dégradée en matière économique et de l'emploi. Le taux de confiance des entreprises s'est également détériorée dans tous les secteurs économiques. 

Après le ralentissement économique marqué par un affaiblissement du PIB au troisième trimestre (-0,1%), l'indice de la production industrielle de novembre confirmait la persistance d'une phase de faiblesse d'activité (-1,6% par rapport au mois précédent). Bien que le résultat ait pu être affecté par l'effet "pont", lié au positionnement sur le calendrier des vacances du premier novembre, le changement économique trimestriel de septembre à novembre (-0,1%) marque un contexte de faible production. Le résultat trimestriel résume la tonicité de la tendance des biens de consommation (+1,2%) et du recul des autres secteurs (-0,9% pour les biens d’investissement, -0,4% pour les biens intermédiaires et -0,3% pour l'énergie).

Au cours du trimestre d'août à octobre, les commandes, exprimées en valeur nominale, ont enregistré une augmentation (+0,5% par rapport au trimestre précédent), reflétant la performance positive de la composante étrangère (+3,3%) par rapport à celui du marché intérieur (-1,5%).

L’augmentation des exportations est principalement imputable à la nette augmentation des ventes sur les marchés extérieurs à l’UE (+5,3%) et dans la zone UE (+0,4%), qui a enregistré une nouvelle amélioration en novembre. La croissance des exportations a été généralisée dans presque tous les groupes industriels, à l'exception des biens de consommation non durables (-3,6%) et des biens intermédiaires (-1,2%). Du côté des importations (-1,3%), le recul a été particulièrement marqué pour les biens de consommation durables (-3,6%) et l’énergie (-2,6%).

En octobre, la production dans la construction a enregistré un net ralentissement, mais la moyenne pour le trimestre d'août à octobre a diminué avec une intensité modeste (-0,3%) par rapport au trimestre précédent. À partir du deuxième semestre de 2017, l'évolution de l'indice de production de la construction est accompagnée de celle de l'indice des prix des logements neufs, montrant un dynamisme contenu, tandis que la faiblesse des prix des logements existants persiste.

Au troisième trimestre, les investissements des sociétés non financières ont affiché une tendance toujours positive (+0,2% par rapport au trimestre précédent), ce qui a entraîné une augmentation du taux d’investissement, défini comme le rapport entre les investissements bruts en capital fixe et en valeur ajoutée aux prix de base (+0,1 point de pourcentage). Au cours de la même période, le résultat brut d’exploitation a été réduit (-2,4%) et, par conséquent, la part des bénéfices (-0,9 point de pourcentage).

En ce qui concerne les familles et le marché du travail, au cours du troisième trimestre de 2018, le revenu disponible brut des ménages, en termes nominaux, a légèrement augmenté par rapport au trimestre précédent (+0,1%). L'augmentation la plus soutenue des dépenses de consommation finale (+0,3%) a entraîné une baisse de la propension à épargner (-0,2 point de pourcentage). L'amélioration de la consommation pourrait également s'étendre au quatrième trimestre. Le volume des ventes au détail, en novembre, a montré une amélioration significative de la situation économique (+0,7%), soutenue par les dépenses en produits non alimentaires (+1%). Le chiffre pour le trimestre septembre-novembre montre également une augmentation (+0,2%).

En novembre, le marché du travail a montré une stabilité du taux d'emploi (58,6%) et une légère amélioration du taux de chômage (10,5%, en baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport au mois précédent). Ces résultats confirment la tendance marquée en 2018, caractérisée par une augmentation du taux d'emploi, plus accentuée au deuxième trimestre, et par une réduction progressive du taux de chômage.

En comparant la moyenne de la période janvier-novembre 2018 à celle de 2008, le taux d'emploi correspond à celui d'avant la crise (-0,1 point), tandis que le taux de chômage reste nettement supérieur (+3,9 points).

Bien que le niveau élevé du taux de chômage est accompagné d'une augmentation du taux d'activité, la réduction se déroule à un rythme plus lent que la zone euro : la période novembre 2017 à novembre 2018, le chômage dans la zone euro a diminué de 0,8 point de pourcentage 0,5 en Italie, augmentant ainsi l’écart existant.

Au cours de l’année, la reprise du taux d’emploi s’est de toute façon accompagnée du renforcement de la dynamique en cours en ce qui concerne la recomposition par position professionnelle et caractère d’emploi. Par rapport à la moyenne de 2008, au cours des 11 premiers mois de 2018, la part des travailleurs indépendants a diminué de 2,6 points de pourcentage. L'augmentation correspondante de la part des salariés a reflété la forte recomposition entre les titulaires de postes, dont la part représente une augmentation significative par rapport à 2008 (+3,2 points de pourcentage), et les postes permanents, dont la part a diminué avec plus d'intensité. 

La performance de l'économie a également eu des répercussions sur la formation des prix. Les effets de la chute rapide des prix internationaux du pétrole au cours des derniers mois de l’année ont rapidement influencé l’évolution des prix à la consommation. Selon les estimations préliminaires, en décembre l'indice pour l'ensemble de la population résidente (NIC) a enregistré une augmentation sur une base annuelle de 1,1%, d'un demi-point de pourcentage de moins qu'en novembre.

Les perspectives d'avenir ne sont pas encourageantes

La faiblesse de la phase cyclique et les effets du ralentissement des prix à l'importation ont contribué à une situation de faible intensité inflationniste : l'inflation du fond (calculée en excluant les deux composantes les plus volatiles, l'énergie et produits alimentaires non transformés) a diminué (+0,6%) à un taux légèrement inférieur à la moyenne des sept derniers mois. Les prix des services ont également ralenti, impactés par la baisse des coûts de transport, tandis que la phase déflationniste s'est poursuivie pour les biens non alimentaires et non énergétiques.

La chute des prix du pétrole a également entraîné le retour de l'inflation dans la zone euro, bien que légèrement moins qu'en Italie (+1,6% en décembre contre +1,9% en novembre). Le différentiel reste en notre faveur dans tous les groupes principaux, à l’exception de l’énergie. Comme d’habitude, lors des phases de réduction des coûts de l’énergie, en Italie, la transmission aux prix du secteur était plus modérée (3,6 points de pourcentage de moins qu’en octobre, la croissance tendancielle en Italie, contre 5,2 points pour zone dans son ensemble).

Pour les biens industriels non énergétiques, les contraintes des phases en amont de la distribution finale n'ont pas montré de profils et d'intensités sensiblement différents de ceux du passé récent. En octobre, les prix à l'importation (+5,5% de croissance annuelle) ont de nouveau été affectés par la hausse des prix du pétrole et la dépréciation simultanée de l'euro par rapport au dollar.

Douze milliards d'euros ont été placés, en moins d'un an, dans les banques suisses

Pour les biens de consommation non alimentaires, la phase déflationniste s'est poursuivie, les prix ayant diminué de 0,3% par rapport à la même période de l'année précédente. Au niveau de la production, en novembre, les premiers signes d’affaiblissement des coûts de l’énergie sont apparus: pour les produits industriels destinés au marché intérieur, la tendance de l’inflation a ralenti, passant de +7 à +5,7% (+1% hors énergie), 1% en octobre, tandis que l’inflation des biens de consommation non alimentaires est restée stable (+0,9%).

Sur la base des attentes des opérateurs économiques, la modération des prix prévaudra dans les mois à venir. La politique de listes de prix pour les entreprises productrices de biens de consommation a été confirmée prudente et le solde corrigé des variations saisonnières entre les intentions d'augmentation ou de diminution des prix a de nouveau diminué, jusqu'aux valeurs minimales de l'année. Parmi les consommateurs, parallèlement à l'augmentation de ceux qui s'attendent à des prix stables, la proportion de ceux qui s'attendent à des augmentations constantes ou plus faibles a diminué.

Les perspectives d'avenir ne sont pas encourageantes. En décembre, l'indice du climat de confiance des consommateurs a marqué une autre baisse : les attentes pour l'avenir ont connu une forte dégradation et aussi les attentes sur le chômage ont montré des signaux négatifs. Dans le même mois, la confiance des entreprises s'est détériorée dans tous les secteurs économiques hors commerce de détail. Parmi les entreprises manufacturières, les attentes en matière de production se sont améliorées, tandis que les opinions sur le niveau des commandes et des stocks de produits finis se sont détériorées. L'indicateur avancé a montré une nouvelle baisse qui suggère la poursuite de l'actuelle phase de la faiblesse du cycle de l'économie italienne.

Le climat social est au plus bas ce qui n’empêchent pas les capitaux de quitter l'Italie, bien au contraire. Douze milliards d'euros ont été placés, en moins d'un an, dans les banques suisses. De l'argent qui passe les frontières en toute légalité, ce n'est pas de l'évasion fiscale, plutôt des sommes déclarées que les Italiens mettent à l'abri d'une éventuelle faillite de leur pays. Il y a la dette italienne qui se creuse, l'écart sur les taux de crédits qui augmentent, et la volonté parfois exprimée par le gouvernement italien de sortir de la zone euro. Tout cela créé de l'instabilité.

Ces Italiens partis en Suisse sont principalement des industriels du nord du pays. Ils ne s'opposent pas publiquement au gouvernement populiste au pouvoir à Rome, mais leur degré de confiance est limité. Rares sont ceux qui acceptent d'être filmés. La réponse des autorités, dans les aéroports la brigade financière multiplie les opérations, avec parfois même des chiens capables de reconnaître l'odeur des billets de banque.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.
  Pour pouvoir consulter les commentaires de cet article, veuillez vous connecter.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous, c'est simple et gratuit !
Le premier média social français.
La certitude d'aller plus loin.
Réseau social, blogs, débats, magazines et bien plus encore.
Seulement 5.90€ par mois.
Sans engagement.
No Internet Connection